Les humeurs de Mélodie

Chroniques diverses d'une Québécoise en Angleterre revenue au Québec et vivant à Aylmer.

24 novembre 2006

De Pompey à Pompeii

Pompeii_11[forum de Pompeii avec le Vésuve en arrière plan]

Coïncidence? Destin? Peu importe ce qu'on en pense, il fallait aller faire un tour à Pompeii (prononcé pompé), une ville qui porte le même nom que notre Portsmouth (qu'on surnomme aussi Pompey). Bon, c'est une drôle de coïncidence, mais ce n'était pas la raison première de notre visite. En fait, la raison première était plutôt ma fascination pour les anciennes civilisations. Aurais-je des rêves d'archéologue refoulés? Peut-être. Mais c'est surtout toute l'histoire que cachent ces ruines qui me fascine. Je trouve qu'elle nous remet le monde en perspective et surtout, qu'elle nous ramène les deux pieds terre : Il y avait du monde avant nous et il y en aura après. Nous nous croyons peut-être bien malins, mais on n'est en fait que quelques particules dans un grand univers. Et surtout, nous devrions peut-être nous remémorer que certaines populations ont été effacées en un claquement de doigts, comme ce fut le cas pour Pompeii qui fut complètement ensevelie en l'an 79 lors de l'éruption du Vésuve.

Pendant des siècles, Pompeii a dormi sous à peu près 20 mètres de lave et de cendres figées. En l'an 1748 seulement, de premières fouilles ont commencé, mais ce n'est que dans les années 1920 qu'on a vraiment commencé à creuser sérieusement. Aujourd'hui, environ un tiers de la ville a été exhumé et les travaux continuent. Chaque jour, de nouvelles découvertes sont déterrées. Certaines sont plus drôles (les bordels) que d'autres (les personnes momifiées instantanément par la lave), certaines sont plus grandioses que d'autres, mais toutes sont le témoignage d'une période qui a été gelée à jamais, un peu comme une photographie en trois dimensions de la vie de l'époque.

Pompeii_3
Comme ce n'était plus saison touristique, il y avait peu de gens dans les rues du site archéologique. Il nous est même arrivé de tourner un coin de rue et de nous retrouver seuls, avec pour seuls compagnons le Vésuve et quelques chiens vagabonds. Malheureusement, vu l'état des lieux, tous les bâtiments ne sont pas ouverts au public. Cependant, certains le sont et peuvent très bien nous donner une idée de la vie quotidienne à Pompeii et du genre de population qui habitait la ville. Les habitants de Pompeii étaient surtout des gens d'une classe sociale élevée. Ce n'étaient pas des empereurs ou des rois, mais plutôt des petits aristocrates, des gens d'affaires, des amateurs d'art, et leurs maisons richement décorées le démontrent bien. Beaucoup des ruines affichent encore de merveilleuses fresques colorées, de magnifiques jardins, de grandioses temples. De plus, on peut affirmer que les gens de Pompeii aimaient bien les plaisirs de la vie... En effet, des bordels ont été découverts ainsi que plusieurs fresques à caractère sexuel et même des sculptures de pierre taillées dans les murs des maisons et de la ville. Les plus importants se retrouvent au musée de Naples, car comme la plupart des ruines de Pompeii n'ont plus de toit, ce serait trop dommageable pour ces trésors de les laisser là.

Après avoir passé la journée dans les ruines et la poussière, il était temps de retourner à Rome (qui a "un peu" moins de ruines et "un peu" moins de poussière). Comme nous devions arrêter à Naples pour un changement de train, nous avons décidé de souper dans cette ville. Quel contraste avec Pompeii! J'imagine que le chaos qui est d'ordre à Naples n'est rien comparé à celui qui doit avoir lieu dans certaines grosses villes indiennes ou chinoises, mais pour ce qui est du monde occidental, Naples doit probablement battre des records : il y a du monde partout, des autos partout, du bruit partout, des déchets partout, des bébés partout, des magasins partout, des restaurants partouts, des cris partout, des rires partout. Un journaliste a déjà décrit la ville comme étant une overdose de sensations. C'est bien dit. A-t-on aimé? Détesté? Les quelques heures passées en ville (sous une pluie battante) n'ont pas été suffisantes pour qu'on puisse vraiment se prononcer, mais elles ont assurément piqué notre curiosité, et je pense qu'il va s'en dire que nous retournerons sûrement nous jeter dans la gueule du loup.

Posté par melodie1974 à 12:19 - Chroniques italiennes - Commentaires [0] - Permalien [#]

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