Les humeurs de Mélodie

Chroniques diverses d'une Québécoise en Angleterre revenue au Québec et vivant à Aylmer.

26 février 2007

Madrid - Buenas noches

Carnaval_2

Bon, arrêtons de nous raconter des histoires. La vérité, c'est qu'on est allés à Madrid pour participer à la vie nocturne et pour manger des tapas! Oui!!!!!!! En plus, par le plus grand des hasards, car nous ne le savions pas quand nous avons réservé nos vols, notre séjour à Madrid coïncidait avec le carnaval précédant le carême! Les rues déjà achalandées de la capitale l'étaient encore plus que d'habitude et elles accueillaient des parades presque chaque soir. La musique et la bonne humeur étaient au rendez-vous, ce qui ne peut qu'enchanter les touristes comme nous!

Je ne vous apprendrai rien en disant que les Espagnols soupent tard. On a tous déjà entendu dire que ce peuple vit selon un horaire différent. On ne sait pas trop quand ils dorment, comment ils s'en tirent, mais d'après les dires, ils souperaient vers 22h et se coucheraient aux petites heures. Sceptique dans l'âme, je me disais que c'était sûrement vrai en plein mois de juillet, alors que les températures peuvent atteindre les 40 degrés Celsius, mais je doutais que ça soit le cas au mois de février, alors que le soleil se couche tôt et que les nuits sont plutôt frisquettes. C'était mal juger les Espagnols. Ce sont de vrais de vrais! Et dès notre arrivée jeudi soir, nous avons pu le vérifier. Vers minuit, nous sommes arrivés à l'Hostal Alaska où un charmant propriétaire (Juan) et son chien (Urco) nous attendaient. Urco_3
Les valises aussitôt déposées, nous sommes partis explorer le terrain. Minuit, c'est tôt en Espagne! Après s'être promenés quelque temps, nous avons échoué dans un mignon petit café juste en face de l'hôtel, le Café del Soul. Un endroit aux lumières tamisées où les sièges semblent avoir été sculptés dans les murs. Assoiffée, j'ai opté pour un granité, mais GG a tenté sa chance avec son premier chocolate caliente du séjour. Le meilleur du monde, selon lui. Vers 2h, nous avons traversé la rue pour retourner à notre hôtel, histoire de prendre quelques heures de sommeil pour affronter le lendemain.

Côté gastronomie, le vendredi a été marqué par les découvertes. Des belles découvertes. Affamés par la marche pour nous rendre jusqu'au parque del Retiro, nous avons trouvé un petit café-cafétéria sans prétention aucune, mais au goût et au prix divins. Après Rome, où un café coûtait 3 euros, nous avons été agréablement surpris par le café con leche espagnol à 1,50 euro. Et quel café, mes amis! Est-ce une insulte suprême de dire que mon café au lait était le meilleur que j'aie goûté, qu'il battait tous ceux de Rome? En fin de journée, nous avons trouvé notre premier bar à tapas, La Casa Labra, où notre espagnol sommaire ne nous a pas aidés à décrypter le menu. Ça a donc été "uno de cada" (un de chaque). Debout, accotés au bar, bière dans une main, tapa dans l'autre, nous avons levé nos verres à nos premiers tapas. Un délice. Bien frits, comme on les aime. En soirée, grâce à notre ami TripAdvisor, nous avons essayé un restaurant nommé La Sanabresa. À notre arrivée, vers 20h30, l'endroit était vide. Deux ou trois locals seulement mangeaient en écoutant la télévision. À 22h, ça faisait la file pour entrer! Ce restaurant de qualité très, très, très correcte a probablement le meilleur rapport qualité-prix que j'aie vu de ma vie: une entrée, un plat principal, un dessert, du pain et un verre de vin pour 8,50 euros. Imbattable! Notre premier instinct en sortant a été de dire que nous allions revenir chaque soir, mais nos systèmes ne sont pas habitués à manger si tard... Le reste du voyage s'est plutôt déroulé sous le thème "tapas en soirée".

Le samedi a été un vrai plaisir pour le palais. En après-midi, nous avons trouvé un resto (une chaîne) appelé Cerveceria 100 Montaditos où sont servis des mini-sandwichs (les Montaditos). Comme le nom du resto l'indique, il y a 100 choix de sandwichs et tous sont à un 1 euro! La bière aussi! Nous étions aux anges. Le concept est génial aussi: on entre, on se choisit une table, on remplit une fiche où on coche les Montaditos qu'on veut, on va passer notre commande et on paie, puis ils nous appellent quand le tout est prêt. Le seul hic, c'est que le menu est entièrement en espagnol, ce qui fait qu'on ne sait pas toujours ce qu'on commande, mais ça ne peut pas être si terrible que ça, non? Dans la liste, vous pouvez trouver les Montaditos suivants: crevettes nordiques et sauce à l'ail, omelette espagnole et fromage bleu, jambon ibérique et huile d'olive, pâté de porc, etc. Rien qui nous ferait recracher le tout dans notre assiette. Bien sûr, il doit bien y avoir des anchois ou des tripes cachés dans le menu, car ce sont des mets populaires en Espagne. À bien y repenser, j'ai reçu un Montadito avec une drôle de pâte rouge vin qui ne goûtait à rien que j'avais essayé auparavant. Allez donc savoir ce que j'ai mangé sans le savoir!

Toujours samedi, mais plus tard en soirée, après une sieste de quelques heures, nous sommes sortis affronter la nuit espagnole pour "faire un chapelet" (expression qui veut dire sautiller de bar en bar, mangeant des tapas et buvant du vin dans chacun). Notre premier arrêt fut à l'obligatoire Casa del Abuelo, un restaurant ouvert depuis 1906 et réputé pour son vin maison (il tape) et pour ses crevettes. En entrant, le minuscule restaurant est plein de gens debout (aucune table ici). On ne sait pas trop comment ça fonctionne, mais nous réussissons à commander crevettes et vin. Encore une fois, un pur délice! La soirée commençait vraiment du bon pied. Notre deuxième arrêt a été de l'autre côté de la rue, à La Alhambra, un bar hyper mignon, plein de céramique, où nous avons cette fois dégusté vino tinto, chorizo et fromage manchago. GG ne se pouvait plus, le manchago étant son fromage préféré à vie. Notre troisième arrêt fut au Kaixo, un bar à tapas branché. La place était remplie à craquer et les serveurs tous déguisés pour le carnaval. Belle ambiance. Cette fois, nous avons opté pour les croquettes de jambon (très populaires dans le coin). Super bonnes, et à peine grasses... Notre dernier arrêt fut à La Solera (ou quelque chose du genre, car à ce point de la soirée, nous étions un peu pompettes et définitivement sur un high de nourriture). Bons joueurs, nous n'avons pas abdiqué et nous avons continué la ronde de tapas avec du saumon fumé et des verres de sangria pour bien terminer la soirée. Par la suite, nous avons roulé jusqu'à l'hôtel. Heureusement que celui-ci n'était qu'à quelques mètres des bars...

Durant les trois jours suivants, nous avons répété l'expérience. Nous sommes retournés à certains endroits adorés (Cerveceria 100 Montaditos et La Casa del Abuelo), mais nous avons aussi essayé d'autres spécialités. Entre autres, les churros, une espèce de beigne frit que l'on trempe dans notre café ou notre chocolat chaud au déjeuner. Quoi de mieux qu'un kilo de gras saturé pour commencer la journée? Nous sommes aussi atterris dans un resto appelé Las Bravas où est servie une spécialité de Madrid: les patatas bravas. Cette fois, j'ai complètement perdu la tête! J'ai capoté! Je suis tombée amoureuse pour la troisième fois (la première étant avec GG, la deuxième étant avec les Montaditos). Les patates (simplement coupées en quartiers et frites, por supuesto) sont recouvertes d'une sauce secrète brevetée, la sauce Brava. À la première bouchée, on ne sait pas trop. C'est très orange, très épicé et ça a un goût fumé. P1000755On continue, puis on se laisse avoir. Je suis ressortie de l'endroit presque en pleurs à l'idée de ne plus en manger (soit je suis vraiment gourmande, soit j'ai une relation beaucoup trop intense avec la nourriture). Presque immédiatement, je me suis mise à la recherche d'une épicerie qui vendait cette sauce magique et Eurêka! J'en ai trouvé. Mais maintenant, je regrette de ne pas en avoir acheté plus. Je panique déjà à l'idée d'ouvrir ma bouteille et de ne plus en avoir. Une fois mon high d'hydrates de carbone passé, nous avons terminé la soirée dans un merveilleux bar appelé La Venencia qui se spécialise dans le sherry. Situé dans une toute petite rue, rempli de gens du coin et avec des murs et des murs de vieilles bouteilles de sherry, cet endroit est presque féerique.

Vive Madrid et ses tapas et ses bars et ses vins et ses patates!

Posté par melodie1974 à 16:05 - Chroniques espagnoles - Commentaires [12] - Permalien [#]

Commentaires

    Super :)

    Quelle aventure ) C'est sympa de la partager ) Sur trivago.fr on trouve également des aventures sur Madrid ) C'est assez sympa comme concept ) +++

    Bonne continuation

    http://www.trivago.fr/madrid-32027

    Posté par SSP, 24 novembre 2007 à 19:25
  • Salsa brava

    Salut, je suis espagnole,de la Catalogne et j'ai lu sur ce que tu dis de la "salsa brava", c'est très facile de faire à la maison.On fait une sauce mayonnaisse on ajoute du "ketchup", pas trop, et ça commence à devenir orange et puis justement le goût avec la sauce "tabasco" (on l'achète),C'est du chili o guindilla, seulement quelques gouttes.C'est justement qu' on les appelle "bravas" parce que ça pique, plus ça pique, plus "bravas"; et bon appétit !!!!!

    Espe

    Posté par Espe, 08 novembre 2009 à 15:32
  • très fun ce blog merci!

    Posté par espagne, 16 juillet 2010 à 14:06
  • On revient justement de Séville! On a adoré. Et oui, on a mangé des patatas bravas, qu'on a essayé de reproduire hier soir

    Posté par Melodie1974, 16 juillet 2010 à 14:48
  • Yé, vous avez vous aussi eu droit à votre parade à Madrid!! Super pour l'ambiance, ça... Vos "paradeux" étaient pas mal plus habillés que les nôtres, ahah!

    J'ai la recette pour quand il ne te restera plus de sauce brava. (Si un jour tu l'ouvres... moi j'ai encore une boîte de cassoulet achetée dans une épicerie fine à Carcassonne en 1998... Je me demande de quoi ça a l'air, 9 ans plus tard...). Je te scannerai ça bientôt, si tu veux (pas le cassoulet, la recette de patatas bravas!).

    (Je pensais que brava c'était pour costa brava: on en a mangé presque tous les jours quand on était en Catalogne, mais pas une seule fois dans le reste de l'Espagne...) ... Et je précise que j'en avais fait à notre réveillon de Noël "tapas" d'il y a 3-4 ans, comment ça se fait que tu ne sois pas tombée en amour avec MES patatas bravas?? Je suis en remise en question culinaire, là! J'ose espérer que c'est dû à la présence de GG...

    Superbes, les photos de Madrid dans l'album à droite... J'adore les petites fleurs devant la Puerta de Alcala et j'ai un faible pour la "coupe de cheveux" de Urco...

    Vas-tu nous parler de Toledo??

    Bon ce n'est plus un commentaire, ça, c'est presqu'un billet en soi. Désolée de prendre tant de place... c'est que ça m'inspire, l'Espagne et les tapas...

    Posté par Nan, 26 février 2007 à 20:52
  • Mélodie, je t'aime, tu es mon amie! Tu bats tous mes billets touristiques sur la bouffe. Merci, mille mercis pour ces souvenirs culinaires et éthyliques. C'est comme ça que je les aime.

    La patata bravas est aussi très populaire à Barcelone, et le chocolat chaud. Et les tapas, bon dieu, les tapas... Oui, oui, oui. On aime l'Espagne. Tu viens de me remettre dans l'émotion.

    Posté par Caroline_Londres, 26 février 2007 à 21:59
  • Mais pourquoi diantre l'Espagne est-elle si loin du Québec ? hihihi
    Quel beau voyage vous semblez avoir fait ! Et la thématique gourmande à la «food rules» ... j'adore !!! On en veut encore !

    Posté par Geneviève, 27 février 2007 à 15:38
  • diapo

    beau diaporama,et les tapas chanceux que vous êtes d'en avoir mangé autant parce que nous les vieux après 9 heures c,était impossible de manger comme eux.

    Posté par cloclo, 27 février 2007 à 16:36
  • chronique

    toi qui rêve d'écrire un livre avec toutes ces chroniques culturelles et culinaires tu pourras joindre l'utile à l'agréable et nous publier ce livre a la fin de votre séjour,Avec un voyage au deux mois tu aura de la documantation pour une bible come Johane Benoit.

    Posté par cloclo, 27 février 2007 à 16:51
  • Oui, je seconde, on veut un livre!!! Septentrion et ses carnets(http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/collection-hamac.asp) devrait venir faire un tour sur le blogue de Mélodie!!

    Posté par Nan, 27 février 2007 à 20:29
  • Nan: Je pensais que les patatas bravas étaient de Madrid. Mon erreur. J'ai feuilleté des livres de recettes, mais on aurait dit qu'il manquait l'ingrédient qui donne le goût de "fumé". Mais je veux bien essayer la tienne.

    Caro: C'est drôle, car j'ai eu l'eau à la bouche l'autre jour en survolant ton billet sur le quartier japonais de Londres! Les sucreries semblaient tellement bonnes! Vive la bouffe!

    Geneviève: Tu sais, l'Espagne n'est pas "trop" loin de l'Angleterre Quand tu reviendras visiter le pays de la Reine, ce n'est qu'un "petit" saut pour aller manger quelques petits-tapas-pas-gras-du-tout...

    Contente que vous aimiez les chroniques culinaires, car j'en ai d'autres qui s'en viennent!

    Posté par Mélodie, 02 mars 2007 à 14:14
  • Pour le goût fumé... C'est peut-être le guindilla, ingrédient qui fait partie de ma recette mais qui peut être remplacé par du poivre de Cayenne (ce que je fais, faute d'avoir du guindilla...). Je n'ai pas souvenir de ce goût fumé, c'est peut-être ça, la spécialité de Madrid en matière de patatas bravas... Y'a pas des ingrédients, sur ta jolie petite bouteille de sauce Brava?

    Posté par Nan, 02 mars 2007 à 23:17

Poster un commentaire