Les humeurs de Mélodie

Chroniques diverses d'une Québécoise en Angleterre revenue au Québec et vivant à Aylmer.

15 mars 2007

24 heures chrono : théâtre, musée, rencontre et pâté

Vendredi passé en fin d'après-midi, GG et moi avons sauté dans un train pour nous rendre à Londres. Malgré tout le râlage que je fais parfois contre les Anglais, j'adore Londres. Londres et le reste de l'Angleterre, c'est deux mondes entièrement différents. Les deux régions ont leur charme, leurs avantages et leurs inconvénients, mais Londres attire, impressionne et obsède. En sortant de la gare de Waterloo, lorsqu'on traverse le Golden Jubilee Bridge qui surplombe la Tamise pour se rendre dans le quartier des théâtres, la vue coupe le souffle. Le soleil couchant éclaire Westminster et Big Ben, et on a envie de s'asseoir sur le pont et d'y rester jusqu'à ce que l'astre soit couché. Mais bon, ce n'est pas tout! On avait un théâtre à trouver dans ce labyrinthe de petites rues et un professeur Toutou à rencontrer.

La pièce que nous sommes allés voir avait lieu au Comedy Theatre de Londres qui a ouvert ses portes en 1881. Donc, il n'est pas récent, mais est tout de même charmant. Nous avons assisté à une "grosse" comédie, mais le théâtre est polyvalent et on peut y voir parfois des comédies musicales, des revivals (comme le Rocky Horror Picture Show) ou des pièces plus expérimentales. Ce soir-là, c'était Boeing-Boeing, une comédie sortie pour la première fois dans les années 60 qui a déjà été présentée au Québec. La prémisse était simple: Bernard, architecte de renom, habite à Paris et fréquente trois très jolies jeunes filles qui sont toutes hôtesses de l'air. Ces dernières ont été choisies par Bernard pour leur très séduisante apparence, mais surtout pour leur timetable, leur horaire. Ce qui fait le succès de l'arrangement de Bernard, c'est que les horaires de ses belles ne se croisent pas. Jusqu'au jour, bien sûr, où le mauvais temps entrera en jeu et alors, tout ce beau monde se retrouvera chez monsieur Bernard. Il y a des portes qui claquent, des quiproquos et des grosses farces, mais ça fonctionne. Un bon deux heures à se dilater la rate en bonne compagnie, ça ouvre l'appétit. Professeur Toutou, notre guide personnel londonien qui nous accompagnait, nous a menés dans le quartier chinois de Londres où nous avons festoyé avec du poulet Gao (Tao). Il paraît que le poulet Tao, si commun au Québec, est un peu comme du "chinois québécois", c'est-à-dire qu'il se retrouve rarement sur les tables des "vrais" restaurants chinois. Mais professeur Toutou connaissait ce rare lieu et les gourmands que nous sommes l'avons apprécié.

Le lendemain matin, samedi, j'étais prête à affronter de nouveau la capitale. Depuis quelque temps, j'ai un renouveau de motivation qui me pousse à découvrir l'Angleterre le plus possible avant de revenir au Canada, alors je brûlais d'envie de sortir explorer quelque chose de nouveau. J'ai fais part de ma décision à GG et à professeur Toutou, et ils n'ont pas eu l'air d'y faire objection. Ils m'ont donc suivie (d'accord, on a plus suivi le Professeur qui nous dirigeait) à la National Portrait Gallery, un musée qui abrite la plus grande collection de portraits du monde. D'Henry VIII aux Beatles, de la famille royale à Sting en bobettes, en passant par Charles Dickens et Jane Austen, on y retrouve de tout. Évidemment, la moitié de ces portraits représentaient des gens qui m'étaient inconnus. Mais contrairement à plusieurs musées, les indications qui accompagnent chaque toile sont très détaillées. En plus du nom du tableau et du peintre, on peut aussi y lire une description de la personne qui se trouve sur la toile. Un cours d'histoire accéléré. (En cliquant ici, vous pouvez visiter la collection.)

Vers 15 h, après notre visite, l'heure de la partie la plus intéressante de notre court séjour était finalement arrivée. Nous avions rendez-vous avec une personnalité du Web. En catimini, sans trop en parler ouvertement, j'avais pris contact avec Caroline à Londres pour lui demander si elle aimerait prendre un café. La chaleureuse coquine a été plus qu'emballée, préparant même un trajet pour nous. Nous l'avons donc rencontrée à la station London Bridge pour pouvoir visiter le fameux Borough Market, un immense marché de nourriture ouvert du jeudi au samedi, où on y retrouve de tout: des fruits et légumes frais, de la viande, du poisson, des olives en vrac, de l'alcool régional, etc.
Ye_Olde_Cheshire_Cheese_2Après avoir exploré un peu les environs, nous avons marché le long de la South Bank, parcourant de vieilles rues en cailloutis (nouveau mot de la semaine), saluant le Globe Shakespeare en passant pour finalement arriver à notre arrêt principal, le Olde Cheshire Cheese pub, un des plus vieux pubs de Londres qui est reconnu partout au monde. Au 13e siècle, l'endroit était un guest house (un B & B) et on sait qu'en 1538, il était devenu une taverne. Malheureusement, l'édifice a été détruit par le grand feu de Londres en 1666, mais a été aussitôt reconstruit et est connu sous le nom de Old Cheshire Cheese depuis. Mignon comme tout, avec une entrée dans une petite ruelle, le charme de ce pub se trouve surtout dans le fait qu'il attirait de grands noms comme Voltaire, Thackeray et Charles Dickens. Comme ces derniers le faisaient sûrement, nous quatre joyeux lurons avons bu et placoté. Et placoté encore. On a eu le temps de refaire le monde, de parler politique, blogue, voyages et surtout, de proclamer notre affection pour cette Angleterre que nous découvrons avec nos yeux de Canadiens errants. En bons vrais Québécois que nous sommes, nous n'allions certainement pas nous arrêter à une consommation. Après une bonne pinte rafraîchissante de bitter au Cheshire, nous avons déambulé jusqu'à un autre populaire pub, le Black Friar. Construit en 1875, on dit souvent que ce pub est le plus beau de Londres. Son extérieur n'est rien comparé à son intérieur qui a été dessiné et décoré par des architectes et des artistes de renom. Le marbre vert, rouge et crème qui arbore les murs offre un décor spectaculaire.blackfriar
En plus d'être admiré pour son décor, ce pub est également renommé pour ses pies, des pâtés. GG connaît bien ce mets, mais Caroline et moi en étions à nos balbutiements. En fait, ni l'une ni l'autre ni avions déjà goûté. "Malheureusement", il n'y avait plus de steak and kidney pie (steak et rognons), leur spécialité. Nous avons donc opté pour le steak and stout pie (steak et bière Guinness). Accompagné de patates pilées crémeuses à souhait et de légumes vapeur, ça a été un vrai délice et l'expérience a été concluente. Elle pourrait même être recommencée. Comme l'heure avançait et que nous devions attraper notre train de retour, nous avons dit adieu à Caroline vers 20h30 pour s'en retourner vers Portsmouth le ventre plein de pie et la tête pleine de beaux moments.

Cheers!

Ye_Olde_Cheshire_Cheese

Posté par melodie1974 à 00:38 - Chroniques anglaises - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

    Quels beaux souvenirs! Je suis emballée! (Comme toujours...) Bon.

    Tu m'as appris plein de choses sur les pubs. Voltaire?

    Je dois dire qu'on n'a pas beaucoup regardé le Borough Market ni le Globe Theatre, on jasait plus que d'autre chose, ce dont je ne me plains pas!

    Finalement, ta description du pont avec le soleil couchant me donne envie de me poster dessus et de regarder la ville, ah poésie!

    Posté par Caroline_Londres, 15 mars 2007 à 23:48
  • Ça donne envie de partir découvrir Londres!

    Posté par Allie, 16 mars 2007 à 16:57
  • Après ton message et l'article de Cyberpresse (http://www.cyberpresse.ca/article/20070316/CPACTUEL/70316021/1015/CPACTUEL), je vois que la Guinness est à l'honneur dans les recettes cette semaine... Tiens, pour célébrer la Saint-Patrick demain (après tout ça coule dans nos veines, ma chère, hein?!) je pourrais bien essayer ça, le ragoût d'agneau à la Guinness et au miel... Je t'en reparle!

    Aurez-vous une fête thématique à nous raconter pour la Saint-Patrick...?

    Posté par Tartine, 16 mars 2007 à 18:33
  • Eh ben dis-donc ! Quand vous optez pour une saucette à Londres, vous ne perdez pas votre temps
    Votre tournée pubs & pies a de quoi faire saliver hehe

    Posté par Genevieve, 18 mars 2007 à 19:13
  • C'est vrai que Londres est spéciale et superbe à découvrir. C'est une immense ville, mais elle a tellement d'histoire, de charme et de quartiers divers qu'elle ne ressemble surtout pas aux grosses villes américaines.

    Tartine: Honte à toi! Tout bon Irlandais te dirait que les "vrais" irish stew ou les "vrais" soda bread ne contiennent pas du Guinness On a, en effet, souligné la Saint-Patrick, mais avec modération...

    Posté par Mélodie, 20 mars 2007 à 00:11
  • Ah, bien là... Il y a de la fausse représentation partout... Je les plains, alors, les irlandais... ils devraient en mettre de la Guinness, dans les "vrais" stew, car c'est dé-li-cieux. Avec une sauce comme ça, pas question d'avoir honte, même si ça déroge de la "vraie" tradition (et j'ai même mis ma recette en ligne). Je te la recommande...

    Posté par Tartine, 20 mars 2007 à 01:46

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