31 octobre 2007
Séjour en Suisse
Le temps d'un autre départ est arrivé. Demain, je pars! Je laisse GG et je vais fouiner en Suisse pendant quelques jours. Ma cousine "Bébélie" est en ce moment à Lausanne pour un stage et en plus, ma marraine habite à Chamoson, dans le Valais, pas très loin de Lausanne! Un deux pour un, quoi!
À la semaine prochaine !
29 octobre 2007
L'Angleterre, ce n'est pas juste Londres
Parfois, je me sens un peu coupable. Dès que GG et moi avons quelques jours de congé, nous filons vers un autre pays, comme des assoiffés. Nous nous répétons sans cesse qu'il faut en profiter, alors en moins de deux et pour vraiment pas beaucoup de sous, nous prenons un vol en direction de la Norvège, de l'Espagne, de l'Italie... Nous visitons ces merveilleux endroits, mais nous ne prenons pas vraiment le temps de visiter ce qui se trouve près de chez nous. Et en plus, quand nous avons envie de faire quelque chose, mais que nous ne pouvons pas partir en voyage, nous nous déplaçons toujours vers Londres, notre cité adorée, au lieu de découvrir les autres comtés anglais, les shires, comme aurait dit Tolkien. À la mi-juin, GG et moi avons décidé de remédier à ce manque de notre part. Comme nous habitons près de certains incontournables anglais, l'occasion était trop belle. Un samedi matin, nous avons donc loué une voiture pour nous diriger vers Salisbury, Stonehenge, Bristol et Bath, des endroits situés à moins de 200 km de la maison.
Notre premier arrêt fut à Salisbury. Comme bien des endroits dans la région, la ville fut à ses débuts une ville romaine. Par la suite, elle fut envahie par les Normands et par la suite, je ne sais plus. L'histoire de la Grande-Bretagne est tellement complexe. En me renseignant sur Salisbury, je me suis arrêtée à Guillaume le conquérant (qui l'a conquis en 1066). Comme le temps était pluvieux, nous n'avons pas déambulé dans les rues pendant des heures, mais nous avons tout de même tourné autour de la majestueuse cathédrale aux maintes gargouilles! J'adore les gargouilles! Elles ont un rôle pratique (rejeter l'eau de pluie), mais aussi un rôle plus ésotérique, celui d'éloigner tout esprit malin. C'est plutôt spécial de voir ces affreux visages ou animaux fantastiques accrochés aux plus imposantes cathédrales du monde.
Après ce petit arrêt à Salisbury, nous avons continué notre chemin pour nous rendre jusqu'à Stonehenge, à quelques kilomètres de Salisbury. Je vous entends déjà vous moquer de moi: "Y a-t-il quelque chose de plus attrape-touristes que Stonehenge?" Pas grave! Moi, je voulais y aller! Les ruines me fascinent. Et comme ruines, on fait difficilement plus vieux que Stonehenge. La construction de ce cercle mégalithique a commencé il y a 5 000 ans et elle dura environ 1 500 ans! En fait, c'est qu'il y a eu plusieurs phases (celle du remblai, du cercle de pierres bleues et du cercle de monolithes). Il y a quelques années, on pouvait encore marcher parmi les pierres, les toucher, y rêvasser. Maintenant, pour mieux préserver le terrain sur lequel Stonehenge s'élève, l'accès y est interdit. Il faut dorénavant se promener dans un périmètre défini, mais l'audioguide qui accompagne notre visite est très bien fait et nous raconte absolument tout ce qu'il y a à savoir comme, par exemple, que les célébrations de druides et autres rituels barbares ne se sont pas produits dans ce cercle-là. Les "faux druides" que nous avons aperçus à Stonehenge ce jour-là n'avaient pas certainement pas écouté l'audioguide... C'est que nous avons visité Stonehenge le lendemain du solstice d'été, et des dizaines et des dizaines de "druides" étaient venus le célébrer, c'est-à-dire chanter des hymnes au soleil et danser vêtus de la fameuse tunique blanche. Saviez-vous que le "druide" anglais de 2007 ressemble étrangement au hippie américain de 1967?
Comme la journée tirait à sa fin, nous sommes partis vers Bristol où nous allions passer la nuit. Mais avant d'y arriver, nous nous sommes arrêtés dans le très coquet petit village de Lacock, là où on filmé la télésérie Orgueil et Préjugés ainsi que le long-métrage Emma. Et c'est même l'abbaye de Lacock qu'on a transformée en Hogwarts pour les besoins de la cause! Lacock est situé dans les Cotswolds, une région surnommée "the Heart of England". Avec ses villages aux noms très anglais (Bourton-on-the-Water, Moreton-in-Marsh, Stow-on-the-Wold, Shipston-on-Stour), Lacock est parfois considéré comme le village le plus typique de la région. Un dépaysement assuré. Après ce petit arrêt, nous sommes finalement arrivés à Bristol, mais notre séjour fut court. En fait, nous avions planifié y coucher seulement, pensant que la ville serait plutôt terne et industrielle, mais j'aurais dû me fier à l'instinct de Geneviève qui y est allée cet été. Nous n'y avons passsé que quelques heures, mais la ville était en délire. Les rues étaient bondées, les gens fêtaient et s'amusaient. Nous avions d'autres plans pour le lendemain, mais Bristol mérite le détour. Dommage qu'elle ait si mauvaise réputation.
Le lendemain, nous sommes allés à Bath, ville classée au patrimoine de l'UNESCO, et à juste titre. Célèbre dès l'époque romaine pour ses thermes, elle l'est toujours restée depuis. Moitié ville moderne, avec boutiques branchées et restos renommés, moitié ville histoire, avec ses bains romains, son abbaye et son "Cirque" (maisons en rangée en forme de demi-lune), elle est un vrai plaisir à découvrir: un peu d'antiquité romaine par ci, un peu d'architecture géorgienne par là, et tout le monde trouve chaussure à son pied. Ce n'est pas la campagne anglaise, mais nous nous sentons vraiment en Angleterre.
24 octobre 2007
Défi littéraire 2007 - A pour Apollinaire et I pour Ibsen
Il est maintenant certain que je ne terminerai pas mon Défi littéraire 2007. Pas grave! J'ai quand même lu des livres qui étaient sur mes tablettes depuis des lustres et j'ai fait de superbes découvertes, alors ça a été un beau défi (qui n'est quand même pas tout à fait terminé).
Apollinaire, Guillaume (1911). Les Exploits d'un jeune don Juan. 109 pages.
Je l'avoue, j'ai ajouté ce livre à mon défi, car il ne contenait que 109 pages... Je me suis dit que j'avais bien droit à un tout petit livre, car Ulysse, de James Joyce, était sur cette même liste. Je connaissais Apollinaire grâce à ces poèmes, surtout ceux de Calligrammes et d'Alcools, mais j'ignorais qu'il avait écrit des romans et des contes. Je n'avais aucune idée à quoi m'attendre et quelle ne fut pas ma surprise de voir que ce court roman était un roman érotique! Je n'ai rien contre la littérature érotique, mais peu importe la qualité de l'auteur ou de l'écriture, on ne s'en sort pas: c'est un peu redondant. Et c'est aussi le cas ici. À quinze ans, notre jeune Roger découvre la sexualité. Il fait de nombreuses expériences et, disons le franchement, saute tout ce qui bouge lors de cet été passé à la campagne. Un petit roman rigolo, mais certainement pas un incontournable.
9e/26 livres
-------------------------------------------------------------------
Ibsen, Henrik (1879-1892) Four Major Plays. 355 pages.
Habituellement, le théâtre écrit n'est pas mon genre de littérature préférée. Pourquoi? Je ne sais pas. Trop court? Trop oral? Mais quand je suis partie en Norvège cet été, je voulais apporter un auteur norvégien, et comme je n'ai pas trouvé La Faim de Knut Hamsun, j'ai choisi Henrik Ibsen et ce dernier est surtout reconnu pour ses pièces. J'ai donc trouvé en bouquineries un livre avec quatre pièces, soit (Une Maison de poupée; Ghosts; Hedda Gabler; The Master Builder). Je ne savais pas à quoi m'attendre, mais en lisant l'introduction, j'ai tout de suite été conquise. Les pièces d'Ibsen ont été censurées, interdites et dans les soirées mondaines osloïtes de l'époque, on ne pouvait même pas en parler! Mon genre de littérature, quoi! Généralement, l'écart entre ce qui était mal vu à une certaine époque et notre époque actuelle est grand. Ce qui était tabou dans ce temps l'est rarement de nos jours. Mais dans les écrits d'Ibsen, on peut facilement voir ce qui soulevait les passions. Dans les quatre pièces présentées, on a affaire à des femmes mal à l'aise dans leur peau et dans leur vie: viol, inceste, adultère, couple subissant la perte d'enfants dans un incendie plus ou moins causé par le mari. Des sujets noirs, mais superbement traité par Ibsen qui était définitivement en avance sur son époque. Prochaine étape: aller voir une "vraie" pièce d'Ibsen!
10e/26 livres
22 octobre 2007
Elle est où, la belle campagne anglaise ?
Quand on pense à l'Angleterre, certaines images nous viennent immédiatement en tête. Certains pensent au football (lire ici le soccer), certains à Big Ben qui veille sur Londres, d'autres aux fish and chips, mais moi, quand je m'imaginais l'Angleterre, c'est la "belle campagne anglaise" que j'avais en tête. Celle des films d'époque où des jeunes filles en robes de velours courent sur de vertes collines clairsemées de fleurs sauvages. Celle de la littérature anglaise où les personnages ont tous un manoir de campagne où ils reçoivent d'innombrables invités. Celle où les jeunes hommes vouvoient les jeunes filles lors de longues promenades dans les prés. Bon, n'en perdez pas votre souper ! Je suis rarement aussi romantique, mais j'étais quand même à la recherche de cette campagne...
Avec toutes ces images en tête, j'avais bien hâte d'arriver sur l'île pour moi-même aller me prélasser dans ces prés verdoyants. En arrivant, horreur! Pas de campagne anglaise! Le hic, c'est que GG et moi vivons dans le sud de l'Angleterre, la région la plus peuplée du pays. Et comme nous sommes à une distance raisonnable de Londres, énormément de gens ont élu domicile ici et font la navette matin et soir, obligeant ainsi le gouvernement à construire une montagne d'autoroutes qui ont un peu déformé le paysage. Donc, trouver cette "belle campagne anglaise" n'est pas une tâche facile. Alors qu'en Écosse et Irlande, elle nous entoure peu importe où on se trouve, en Angleterre, elle se laisse désirer. Mais parfois, sans aller trop loin, on trouve de jolis endroits qui respirent l'époque.
Sentier pédestre à Winchester où John Keats se promenait
Rivière Itchen au centre de Winchester
Stonehenge (vous ne la voyez pas, mais une autoroute passe juste à côté...)
Lacok, dans les Cotswolds, LA région la plus typique de l'Angleterre. Pour en savoir un peu plus, lire ce super billet de Caroline.
03 octobre 2007
Défi littéraire 2007 - D pour Dostoïevski et N pour Nabokov
Dans les dernières semaines, j'ai terminé quelques livres inscrits à mon Défi littéraire 2007. Un peu par manque d'engouement pour les oeuvres, et un peu par procrastination, j'ai tardé avant d'en parler. C'est l'heure de la mise à jour.
Dostoïevski, Fiodor (1879) Les Frères Karamazov. 888 pages.
J'aime la Russie. Si je vous montrais mon cahier de catéchèse de l'école primaire, vous pourriez y lire: "quand je serai grande, je marierai un Russe et serai jardinière". Bon, j'ai marié un physicien québécois et je suis traductrice, mais malgré cette petite déviation, l'intérêt pour la Russie (et la botanique) est resté. J'aime l'histoire et les mystères de la Russie. J'aime aussi la littérature. Même si les livres sont souvent imposants, parfois lourds et la plupart du temps éclatés, passant d'un sujet à un autre en moins de deux, ils recèlent de trésors anthropologiques, sociologiques et historiques. Les points de vue politique, religieux et social des auteurs y sont souvent visibles, et on ne lit pas qu'une simple histoire, mais aussi l'histoire de la Russie. Et c'est exactement ce qu'on trouve dans Les Frères Karamazov de Dostoïevski. À la première lecture, c'est l'histoire des trois frères Karamazov et de leur père, le terrible Fiodor. Une histoire compliquée remplie de haine, de jalousie et de non-dits. Mais à travers leur histoire, c'est aussi la Russie de l'époque qu'on découvre. En effet, les trois frères représentent chacun un stéréotype/idéal russe. Il y a Aliocha, l'homme de foi qui veut entrer au monastère. Il y a aussi Ivan, l'intellectuel qui s'interroge sur l'existence, sur Dieu, sur tout. Mais surtout, il y a Dimitri, l'homme passionné qui s'adonne au vice, le stéréotype de l'homme russe, selon l'auteur. Ai-je aimé? Devrais-je le recommander? Avec ses 888 pages de pattes de mouches, je dirais qu'il faut être passionné par l'auteur ou le pays, mais à mon avis, c'est un classique.
7e/26 livres
------------------------------------------------------------------------
Nabokov, Vladimir (1955). Lolita. 317 pages.
Oh boy! Un autre auteur russe et seulement 317 pages, mais quelle différence... Les 317 pages de Nabokov m'ont paru interminables... Il m'a fallu probablement plus de temps pour les lire que pour m'enfiler les 888 de Dostoïevski. Ce que je préféré de ce livre, c'est l'introduction, les informations sur la vie de l'auteur, savoir qu'il a écrit Lolita en français. Par la suite, ça s'est gâté. J'avoue que ça a bien commencé, mais au fur et à mesure que j'avançais, je décrochais. N'allez pas croire que c'était dû au sujet épineux, "l'histoire d'amour" entre Humbert et Lolita, une jeune nymphette de 12 ans. En fait, ce qui m'ennuyait profondément, c'était le personnage principal. Je déteste les protagonistes qui se plaignent. J'ai eu le même sentiment en lisant Voyage au Portugal avec un Allemand de Louis Gauthier. Ces hommes qui s'époumonent parce qu'ils sont des victimes, parce qu'ils n'ont pas la maîtrise de leur vie et parce qu'ils n'ont pas le choix, ça me fait chier. Ne soyons pas sexiste. Je déteste tout autant les personnages féminins du même genre. Donc, comme une bonne partie de Lolita était constituée des lamentations de notre pauvre Humbert qui essayait de nous expliquer qu'il était malade et qu'il n'avait pas le choix, je me suis ennuyée. Grandement. Mais, ça, c'est moi. Le style y est et mérite qu'on s'y attarde, mais côté divertissement et culture personnelle, ce fut un flop.
8e/26 livres
Toujours là
Pensiez-vous que je vous avais abandonnés? Que j'avais lâché la patate? Pas du tout. Alors que le mois d'août fut très calme, le mois de septembre, lui, fut plus occupé. À cause du décalage horaire entre Montréal et Londres, des contrats rush (à remettre le même jour) m'ont forcée à travailler entre 23h et 4h du matin. De plus, le mois de septembre fut aussi celui de la visite: au début du mois, la maman de GG et sa belle-soeur sont venues nous rendre visite pendant une semaine, puis à peine quelques jours plus tard, mes parents voyageurs faisaient un arrêt-éclair de trois jours à Portsmouth avant de s'envoler vers la Croatie. Et maintenant, on attend Minigo, le frère de GG, qui devrait se pointer le nez vendredi soir.
En attendant un plus long message de ma part, je vous laisse avec une vidéo qui fait fureur en Angleterre. On peut y voir un jeune homme de Bath qui s'est filmé en train de nous montrer comment préparer une tasse de thé à l'anglaise, le tout avec beaucoup d'humour. Pour le voir, cliquez ici.
















