23 mars 2008
Contraste et départ
21 mars 2008 à Matane (Québec) et 21 mars 2008 à Portsmouth (U.K.)
Les valises sont faites. Le ménage aussi. GG a tondu le gazon à la tondeuse électrique (!). Les portes et fenêtres sont barrées. Les bons bouquins sont dans le sac à dos (Bill Bryson, Sylvia Plath, Laure Waridel). On est prêts à partir à la recherche de l'odeur des citronniers en Sicile. De retour dans une semaine.
22 mars 2008
Promenade dans le Southsea de Mélodie
Hier, je vous ai parlé du Southsea de Thomas Ellis Owen. Aujourd'hui, en photos, je vous parlerai de mon Southsea, de la promenade d'une quinzaine de minutes qui m'amène de chez moi jusqu'à l'épicerie, endroit où je vais presque quotidiennement.
En sortant de chez moi, au premier coin de rue, fidèle au rendez-vous, ce chat noir se repose sur cette sortie d'air.
Un peu plus loin, on arrive au Taswell Arms, un très joli pub situé en plein quartier résidentiel. Pour les Anglais, le pub est aussi nécessaire qu'une maison.
En prenant quelques raccourcis, on circule parmi des rues aux obligatoires terrace houses anglaises.
Après les maisons en rangée, on arrive à un petit parc où, oui, les jonquilles sont en fleur...
Alors qu'en Amérique elles sont rares, ici, les Mini sont partout! En voici quatre photographiée lors de la même promenade (et c'est sans compter la petite jaune que n'ai pas prise en photo, car il y avait quelqu'un à l'intérieur).
Nous voici arrivés sur Marmion Road, avec l'église Saint-Jude, celle de Thomas Ellis Owen, au bout de la rue. Sur Marmion Road, on retrouve quelques cafés, dont le super Loulou's (qu'on voit sur la photo), une chocolaterie, des friperies haute-gamme, un magasin écolo, des agents immobiliers et...
... mon magasin préféré : The Good Cook Shop !
Au bout de Marmion Road, on tourne à gauche sur Palmerston Road, une rue piétonnière qui abrite un Farmer's Market mensuel. Sur Palmerston Road, on retrouve un bureau de poste, quelques restos, pubs et cafés, des pharmacies, des épiceries, des magasins, etc.
Après cette promenade, c'est l'heure de rentrer à la maison.
La prochaine fois, je vous emmènerai sur la rue Albert, rue tout près de chez moi qui grouille de vie et où on retrouve de nombreux restaurants indiens.
Amis blogueurs, pourquoi ne pas nous faire part d'une de vos promenades quotidiennes? Allie a parlé de son sentier ici. Marie nous a fait parcourir Montréal la nuit ici et au petit matin là. Julia, tu connais sûrement les adresses secrètes du Mont-Royal. Danaée et Tartine, Québec n'a sûrement plus aucun secret pour vous. Charlie, quand tu vas à la bibliothèque en ville, quels sont tes petits arrêts coups de coeur?
21 mars 2008
Promenade guidée : Le Southsea de Thomas Ellis Owen
Il y a quelque temps, j'ai appris que la ville de Portsmouth organisait chaque semaine des promenades guidées dans les différents quartiers de la ville. Chaque dimanche, de gentils retraités deviennent guides et nous font découvrir les trésors cachés de la région, et ce, pour un maigre £
[cottage construit pas Thomas Ellis Owen]
La première promenade à laquelle j'ai participé avait pour thème "le Southsea de Thomas Ellis Owen". Southsea, où j'habite, est un quartier de Portsmouth qui a commencé à se développer au début du 19e siècle. À l'origine, Southsea était en grande partie une grande terre agricole, mais le travail de l'architecte Thomas Ellis Owen (1805-1862) a été déterminant et le quartier est vite devenu élégant et aujourd'hui, il est sans conteste le plus en vue de Portsmouth. (Oui, mesdames et messieurs, après avoir habité pendant 5 ans dans Côte-des-Neiges, j'habite maintenant un quartier in).
[Église Saint-Jude construite par Ellis Owen]
À Southsea, Thomas Ellis Owen a construit 106 villas, 54 terrace houses (des maisons en rangée), l'église Saint-Jude (qu'il a en grande partie financée lui-même), et en plus, il a même dessiné les plans de plusieurs rues du quartier. Il est donc impossible de ne pas remarquer l'influence de cet homme quand on se promène dans le coin. Malheureusement, plusieurs de ses constructions ont été détruites par les bombardements lors de la Seconde Guerre mondiale, mais plusieurs ont survécu et sont aujourd'hui des monuments classés, c'est-à-dire "des édifices reconnus et protégés pour leur aspect historique, architectural ou culturel exceptionnel".
[Sussex terrace houses construites par Thomas Ellis Owen]
Au cours de la promenade, nous marchons dans ces rues littéralement construites par Owen. En 1837, Owen a acheté 10 acres de terres pour £
Quant aux villas d'Owen, elles furent commandées personnellement ou achetées par de grands noms de la région:
Le South View Lodge a appartenu à Sir Arthur Conan Doyle.
Et Brankesmere, à John Brickwood, propriétaire à l'époque de la populaire brasserie Brickwood.
07 mars 2008
Détour obligé
Peu importe où on va en Europe, ça sent l'Histoire avec un grand H. En Scandinavie, on court après les Vikings, à Rome, c'est les ruines du plus grand empire qui nous entourent. À certains endroits, vous entendrez parler de druides, à d'autres, vous visiterez les plus grands temples, et ainsi de suite. Chaque lieu a ses particularités et son histoire propre. Cependant, l'Europe entière, et cela inclut même les pays qui se sont déclarés "neutres", partage un pan historique: la Seconde Guerre mondiale. En Amérique, le souvenir de cette guerre est présent, mais beaucoup moins qu'ici. Étrangement, la majeure partie de ce que nous en savons, nous l'avons appris grâce à des films ou à des séries télévisées, et non par le biais de cours d'histoire ou de cérémonies spéciales. C'est donc pour en savoir plus, par curiosité et aussi par respect, que nous avons décidé d'aller visiter le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz, à environ 70 km de Cracovie.
Arbeit Macht Frei, soit Le travail rend libre. C'est ce qui nous accueille à l'entrée du camp. Dur de ne pas relever l'ironie. Dur de ne pas ressentir un pincement au coeur en traversant la barrière. Dur de vraiment réaliser qu'en ce beau dimanche après-midi ensoleillé, on choisit d'aller là, de s'y promener et d'en ressortir à notre guise, alors que plus d'un million de personnes, en majorité des juifs, n'eurent pas cette chance.
Après la visite du premier camp, on prend la navette du musée qui nous conduit à Auschwitz-Birkenau, le deuxième camp, situé à trois kilomètres. Là se trouvait la majorité des prisonniers et des baraques. Là se trouvaient les chambres à gaz et les fours crématoires. Là se terminait la voie ferrée. Là s'ouvraient les portes, à l'entrée des chambres à gaz. Moins de travail pour les bourreaux.
Ce n'est pas toujours facile de vraiment encaisser tout ce qui s'est passé. Les informations nous parviennent d'un peu partout, parfois disparates. Ça semble parfois si loin de chez nous. Pourtant, c'est faux. Organisée et mise en place par des gens éduqués venant d'un pays industrialisé occidental, cette solution finale fut orchestrée il n'y a que soixante ans. Les chiffres sont énormes. Parfois, ça déstabilise. Plus de 6 millions de juifs, de Tziganes, d'homosexuels, de Témoins de Jéhovah, d'handicapés, de prisonniers politiques, d'intellectuels, de Polonais, etc. ont été exterminés. Dur parfois de se sentir proches d'un tel nombre. Pourquoi ne pas y aller cas par cas, alors ? Vous pouvez commencer ici.
05 mars 2008
On a aimé Cracovie parce que...
On aime Cracovie...
... parce qu'il y a de drôles de voitures...
... parce qu'il y a de drôles de gens...
... parce que ça recèle d'histoire...
... parce qu'on ne comprend (presque) rien aux affiches...
... parce qu'il y a de nombreux cafés cachés...
... et de sympathiques bars où la vodka coule à flot.
C'est à Cracovie que ça se passe!
Oubliez Barcelone, Paris et Londres, c'est à Cracovie que ça se passe! Rarement une ville nous aura autant surpris. Et on aime ça, être surpris!
À la fin du mois de février, GG et moi sommes allés faire une virée-éclair en Pologne. Notre voyage était préparé depuis plusieurs mois. Les billets avaient été achetés à l'automne et les hôtels étaient réservés depuis des lustres. Malgré tout, à la toute dernière minute (lire "la veille"), les plans ont changé. Comme notre billet n'avait coûté que five pounds, ça allait de soi qu'on n'allait pas atterrir au centre-ville de Cracovie. En fait, Wizz Air allait nous débarquer à Katowice, une ville qui n'est même pas dans Le Routard et qui, selon mon ami Internet, détient la palme de la gare la plus dangereuse de Pologne. En temps normal, j'aurais pris ça avec un grain de sel, mais comme notre vol arrivait minuit et que notre autobus nous laissait à Katowice à une heure du matin, j'y ai porté plus attention et j'ai dit à GG: "Tant qu'à arriver aux petites heures, pourquoi ne pas filer tout de suite à Cracovie. On arrivera tard, mais au moins on sera déjà sur place." Donc, ce bon GG, en agent de voyage hors pair, a pu annuler notre hôtel à Katowice et réserver une nuitée supplémentaire à notre hôtel à Cracovie. Maintenant, restait plus qu'à trouver des zlotys quelque part pour pouvoir prendre un taxi en arrivant à Cracovie, car franchement, on n'allait pas marcher sept minutes de la gare à l'hôtel à 2h30 du matin. On n'est pas fous!
Récapitulons donc:
- On arrive à Katowice à minuit.
- On prend l'autobus jusqu'à Cracovie.
- On arrive à Cracovie à 2 h 30 du matin.
- On prend un taxi pour aller à l'hôtel, car franchement, on ne veut pas se perdre tout de suite en arrivant à cette heure-là.
- Puis là, surprise totale: oubliez Montréal lors du festival de jazz. Cracovie en février, ça groove. Les rues étaient pleines de vie, les humeurs étaient bonnes, les jeunes étaient heureux et ainsi, tous les préjugés qu'on avait à propos de l'Europe de l'Est venaient de tomber. Yé! On aime déjà Cracovie!
En tout, on aura passé moins de 72 heures à Cracovie. C'est très peu, mais ce fut assez pour tomber complètement amoureux de la ville et pour savoir qu'un jour, on y retournera. À Cracovie, on ne peut pas éviter l'histoire et la religion. Chaque pierre de chaque immeuble de la stare miasto (vieille ville) est authentique (contrairement à celles de la ville de Varsovie qui a été reconstruite après la guerre). À tous les coins de rue, une église vous ouvrira ses portes (pas moins de 30 sont recensées dans Le Routard). Malgré son dur passé, Cracovie rayonne aujourd'hui, intérieurement et extérieurement, et ça se voit sur le visage de ses habitants qui sont hyper sympathiques, qui débordent d'énergie, qui attaquent restaurants, bars et cafés jusqu'aux petites heures, et qui parlent beaucoup mieux anglais que je parle polonais. Allez, on prononce "merci" tous en choeur? On y va: dziękuję.
Notre visite fut donc rapide, mais une réussite sur toute la ligne. Ce fut de longues promenades dans les différents quartiers: la vieille ville; la colline du château Wawel; Kazimierz, le quartier juif; ainsi que le quartier où se situait l'ancien ghetto. Ce fut aussi de nombreux cafés et collations, car les endroits étaient trop mignons pour ne pas s'y arrêter. Avec des noms comme Propaganda, Café Larousse, Café-Philo, Café Camelot, on ne pouvait pas résister. Et surtout, ce fut une (autre) orgie alimentaire où on s'est adonnés joyeusement aux saveurs locales, comme les desserts juifs (petites crêpes aux pommes et au caramel), les pierogi (un genre de raviolis fourrés), les obwarzanki (des espèces de mi-pretzels, mi-bagels qu'on vend à tous les coins de rue et qui coûtent quelques sous seulement). Et finalement, ce fut la découverte de la vodka... De la vodka à la mandarine, au miel, aux cerises, aux pommes, à la vanille...
[Polskie Jadlo, un restaurant "paysan" où touristes et gens du coin se retrouvent. On nous accueille avec du pain au levain sur lequel on doit étendre du lard salé, puis où on nous sert des pierogi (yé!) et une assiette trois royale aux trois porcs. Végétariens, vous serez malheureux...]



















