Les humeurs de Mélodie

Chroniques diverses d'une Québécoise en Angleterre

04 février 2008

À Barcelone, à Barcelone...

Barcelone_005La semaine dernière, GG et moi sommes partis en "city break", comme disent les Anglais. En gros, ça se résume à un voyage d'une longue fin de semaine. Comme il pleut depuis des lustres en Angleterre, on avait besoin d'un endroit ensoleillé facilement accessible. Barcelone était donc tout désigné. En plus (et surtout), on y mangerait des tapas! Comme Barcelone est une ville énorme et qu'on n'avait que quelques jours, on savait qu'on n'en effleurerait que la surface, alors on a décidé de prendre ça aisé et de déambuler dans les rues et de profiter du mode de vie barcelonais au lieu de visiter musée ou palais. Et comme le soleil fut au rendez-vous, ce fut un superbe petit séjour.

Vendredi passé, nous sommes donc partis pour Barcelone. En fait, pour Reus, située à environ 1 h 30 en bus de Barcelone. Comme on voyage avec des compagnies aériennes à rabais, il arrive souvent que l'aéroport de service ne soit pas celui du centre-ville! C'est un peu embêtant mais pour 5 £ (plus taxes), on ne se plaint pas trop... Donc, quelques heures après notre arrivée, nous avons rejoint notre hôtel situé dans le quartier Gracia, un peu au nord du centre-ville. Avant 1897, Gracia était une municipalité à part entière. Mais avec l'agrandissement de Barcelone, l'Eixample, il fut annexé. C'est un quartier un peu plus populaire, mais tout aussi animé et beaucoup moins touristique. Nos bagages à peine posés, notre estomac criait tapas, alors on est partis explorer les rues du quartier qui nous hébergerait pendant 3 nuits. Et on ne fut pas déçus! Partout, que des cafés, des bars et des restaurants. Au premier arrêt, la bière était bonne, les champignons grillés baignaient dans l'ail et les patatas bravas étaient bien épicées. Au deuxième arrêt, près de la Plaza del Sol, le vin rentrait dans le corps et le manchego et le chorizo étaient à point. Bien repus, il ne nous restait plus qu'à faire comme les Espagnols et à profiter de la soirée jusqu'aux petites heures. Viva España!

Barcelone_024Le lendemain fut une journée de marche. Premièrement, ce fut jusqu'au parc Güell, un des chefs-d'oeuvre d'Antoni Gaudí, un parc qu'il aménagea pendant 14 ans, entre 1900 et 1914. Se promener dans ce parc, qui amuse petits et grands, c'est un peu comme entrer dans un tableau de Dali. Tout est en courbes, tout est coloré, rien de semble avoir de sens, mais c'est beau! C'est du modernisme, soit de l'art nouveau espagnol. Comme ce côté-là de Barcelone nous intéressait, GG et moi avons décidé de faire une marche guidée offerte par l'office du tourisme: "Le modernisme à Barcelone". Pendant 2 h 45, notre merveilleux guide, Gonzalo, nous a fait prendre de petites et de grandes rues pour nous expliquer l'histoire de l'art nouveau, l'histoire de Barcelone et l'histoire des architectes qui y ont laissé des marques.

collageAvec Gonzalo, nous avons arpenté le Barri Gotic et l'Eixample et nous sommes passés, entre autres, devant le Palau de la Música Catalana, la Casa Batlló et la casa Mila. Ces deux dernières maisons furent l'oeuvre de Gaudí, qui ne fit pas que des heureux lors de leur complétion. Au début du XXe siècle, Josep Batlló demanda à Gaudí de refaire sa maison, connue aujourd'hui sous le nom de Casa Batlló. Il connaissait l'architecte, alors il aurait dû savoir ce qui l'attendait, mais il fut quand même quelque peu surpris en voyant sa nouvelle demeure. On dit même qu'il s'exclama: My God! What did you do to my house ? En effet, Gaudí avec tant modifié la maison que l'architecte dut même créer les meubles qui iraient avec son décor. Pour ce qui est de la Casa Mila, que M. Mila fit construire pour Mme Mila, elle fut source de bien des conflits entre la ville et l'architecte. Même entre monsieur et madame! Car toute en courbes, la casa nécessite elle aussi des meubles particuliers et il était difficile, disons, pour Mme Mila de décorer l'appartement à sa guise. À la mort de son mari, la première chose que fit madame Mila, c'est de refaire faire son appartement! Bien d'autres architectes ont aussi contribué au Barcelone moderne, comme Josep Puig i Cadafalch et Lluis Domènech i Montaner. En cliquant sur ces liens, vous pourrez voir quelques-unes de leurs oeuvres.

Barcelone_109Barcelone_105Le lendemain, on est allés déjeuner au café du magnifique Palau de la música catalana. Au cours de notre marche d'hier, Gonzalo nous avait refilé un tuyau: allez déjeuner au café et n'oubliez pas d'avoir envie d'aller aux toilettes. De cette façon, vous devrez entrer dans le Palau et vous le verrez presque entièrement sans devoir payer... Il avait raison. Et Dieu que c'est beau! Par la suite, on a exploré La Rambla, une longue avenue qui va jusqu'à la mer, ou si vous préférez, jusqu'au monument de Cristobal Colon! Il est difficile de faire plus touristique que La Rambla. Ce ne fut pas mon coin préféré de Barcelone, mais j'ai encore beaucoup de mal à assimiler le fait que sur La Rambla, on peut acheter de tout: fleurs, citronniers, poissons rouges, cochons d'Inde, poules et pigeons... Une animalerie géante en plein air, quoi !

Barcelone_087Plus tard en après-midi, comme il faisait un temps superbe, on a remonté La Rambla pour se rendre jusqu'à l'édifice qui décrit le mieux Barcelone, la Sagrada Familia de Gaudí, temple inachevé sur lequel il travailla de 1883 à 1926 quand il fut malencontreusement renversé et tué par un tramway. Certains disent qu'elle sera terminée en 2025, d'autres prédisent 2050. En tout cas, elle est immense. Immensément belle et un immense chantier. Dans un monde où le catholicisme bat de l'aile, il faut admirer les Barcelonais de vouloir continuer à dépenser temps, argent, sueur et sang à construire cet immense temple pour le moins éclectique. Moi, ce n'est pas le côté pieux de l'affaire qui m'impressionne, c'est la folie! La folie d'un homme qui a osé, de ceux qui l'ont appuyé et de ceux qui continuent son rêve. Chapeau et Olé!

Barcelone_096Lundi. Jour du départ. On avait quelques heures avant de reprendre l'avion et j'avais gardé le meilleur pour la fin: le marché La Boquería sur La Rambla. Sur ce site, se tient un marché à Barcelone depuis 1217. Il est immense. Il est magnifique. Juste pour lui, je retournerais à Barcelone. Juste pour lui, je déménagerais à Barcelone. Fruits et légumes, d'ici et d'ailleurs. Viande, volaille, poissons et fruits de mer. Jus de fruits frais et colorés. Piments de partout. Je voulais tout acheter. Je me suis contentée d'un "fruit du dragon" (qui vient coupé en deux avec une petite cuillère). Je n'allais pas repartir de ce voyage sans avoir essayé quelque chose de nouveau!

À Barcelone, on a aimé:

  • La tapas, tsé.
  • Les bocadillos, soit des sandwichs. C'est devenu mon mot préféré, et GG n'est plus capable de m'entendre. Tiens, je vais m'en faire un demain. Reste plus rien qu'à trouver du manchego et du chorizo...
  • La Boquería.
  • Le resto Les Quinze Nits (je te vois sourire, Danaée...) Un superbe resto dans le Barri Gotic où les gens font la file pendant 2 heures, car la bouffe qu'on y sert est de qualité et pas chère pas chère!
  • Le mode de vie barcelonais. La dolce vita espagnole, même en plein mois de janvier.
  • Le modernisme, l'architecture, les folies des architectes.

Danaée a passé une dizaine de jours à Barcelone. Elle y est allée à fond. Toutes les merveilleux endroits que j'ai "vus", elle les a visités. Pour en savoir plus, vous pouvez aller lire son compte-rendu ici.

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05 mars 2007

Trempette à Tolède

Comme nous allions rester un bon cinq jours à Madrid, nous avons pensé profiter de ce temps pour explorer un peu la région. Nous hésitions entre passer la journée à Tolède ou à Ségovie, deux villes situées à environ 80 km de Madrid. Les deux villes nous intéressaient, alors c'est la mobilité qui a choisi pour nous: Tolède est reliée à Madrid par un TGV qui fait le trajet une dizaine de fois par jour, le tout en 30 minutes et pour un prix très décent, tandis que pour se rendre à Ségovie, le trajet de train aurait duré environ deux heures. Le choix était simple: c'était à Tolède que nous allions.

Tol_de_9


Oui, mais pourquoi Tolède? Qu'est-ce qu'il y a à faire? Honnêtement, on ne le savait pas trop. Mais les photos que nous avions vues étaient tellement belles que ce ne pouvait qu'être une journée agréable, non? N'y a-t-il pas un proverbe qui dit qu'il ne faut pas se fier aux apparences?

Soyons positifs et commençons par les points forts de la ville. Tolède est magnifique. Fondée aux alentours de l'an 192 av. J.-C. par les Romains, cette ville fortifiée est passée entre maintes mains et ses différents seigneurs y ont laissé un héritage plutôt féerique, car la fusion de l'architecture romaine, wisigoth, chrétienne, musulmane et juive lui donne un aspect que l'on retrouve dans peu d'autres endroits. Le dédale de ses nombreuses minuscules rues et ruelles est un charme à arpenter et à découvrir. Il est dur à croire qu'on n'est qu'à 30 minutes de Madrid, énorme capitale espagnole, jeune, bruyante et moderne. Ici, on dirait un peu que le temps s'est arrêté. En regardant autour de soi, on se croirait presque dans un énorme musée en plein air.

Malheureusement, pour moi le charme s'est arrêté là. J'ai vite été déçue par la ville. C'est dommage, car j'adore habituellement ces endroits moins fréquentés, hors des sentiers battus, pleins d'histoire et de vie. Mais cette fois, rien n'a opéré. C'est qu'il y a plein de problèmes mineurs avec Tolède qui finissent par devenir un gros problème. Premièrement, justement à cause du TGV, il y a eu une énorme augmentation des "day packers", c'est-à-dire des visiteurs comme nous, qui n'y viennent que pour la journée. La petite ville fortifiée est donc alors remplie de touristes (en février, rien de moins), ce qui rend la visite un peu moins agréable. Deuxièmement, justement à cause des très nombreux touristes, la petite ville fortifiée recèle de boutiques de souvenirs qui vendent toutes les mêmes esties de bébelles. Moi qui espérais repartir de Tolède avec un beau morceau de céramique espagnole, j'ai tellement été écoeurée par les boutiques que j'ai changé d'avis. Troisièmement, la petite ville fortifiée n'est malheureusement pas piétonne, et ses minuscules rues sont envahies par les voitures. Les habitants de la place, habitués à conduire dans leurs rues et probablement tannés des touristes, y roulent à vive allure, et l'odeur de gaz carbonique est telle que la pollution est palpable. Quatrièmement, les quelques musées et endroits touristiques à visiter (la cathédrale, l'Alcazar, la maison du Greco, etc.) affichent tous un prix d'entrée salé. Nous avons opté pour la cathédrale et quelle déception! Six euros (soit neuf dollars) pour visiter une cathédrale qui n'arrive pas à la cheville des petites églises de quartier de Rome. Et comble de l'affront, une fois à l'intérieur, si on veut en savoir plus sur les nombreuses petites chapelles, coins et recoins de la cathédrale, il faut payer un surplus! Des systèmes audio avec écouteurs sont placés devant chaque pièce ou morceau intéressants et pour un simple petit euro, on met les écouteurs et on écoute le guide. Une insulte, à mon avis. Finalement, comble du malheur, il s'est mis à pleuvoir en fin de journée. Déçus par la ville, nous avons passé presque trois heures à la gare (qui était magnifique cependant) à attendre notre TGV de 30 minutes... Aussitôt arrivés à Madrid (il était tôt, 22h20 seulement), nous sommes allés manger des tapas pour vite oublier cette journée.

¡Así es la vida! On ne peut quand même pas toutes les gagner, hein? Ceci étant dit, on peut faire de magnifiques photos dans la ville...

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26 février 2007

Madrid - Buenas noches

Carnaval_2

Bon, arrêtons de nous raconter des histoires. La vérité, c'est qu'on est allés à Madrid pour participer à la vie nocturne et pour manger des tapas! Oui!!!!!!! En plus, par le plus grand des hasards, car nous ne le savions pas quand nous avons réservé nos vols, notre séjour à Madrid coïncidait avec le carnaval précédant le carême! Les rues déjà achalandées de la capitale l'étaient encore plus que d'habitude et elles accueillaient des parades presque chaque soir. La musique et la bonne humeur étaient au rendez-vous, ce qui ne peut qu'enchanter les touristes comme nous!

Je ne vous apprendrai rien en disant que les Espagnols soupent tard. On a tous déjà entendu dire que ce peuple vit selon un horaire différent. On ne sait pas trop quand ils dorment, comment ils s'en tirent, mais d'après les dires, ils souperaient vers 22h et se coucheraient aux petites heures. Sceptique dans l'âme, je me disais que c'était sûrement vrai en plein mois de juillet, alors que les températures peuvent atteindre les 40 degrés Celsius, mais je doutais que ça soit le cas au mois de février, alors que le soleil se couche tôt et que les nuits sont plutôt frisquettes. C'était mal juger les Espagnols. Ce sont de vrais de vrais! Et dès notre arrivée jeudi soir, nous avons pu le vérifier. Vers minuit, nous sommes arrivés à l'Hostal Alaska où un charmant propriétaire (Juan) et son chien (Urco) nous attendaient. Urco_3
Les valises aussitôt déposées, nous sommes partis explorer le terrain. Minuit, c'est tôt en Espagne! Après s'être promenés quelque temps, nous avons échoué dans un mignon petit café juste en face de l'hôtel, le Café del Soul. Un endroit aux lumières tamisées où les sièges semblent avoir été sculptés dans les murs. Assoiffée, j'ai opté pour un granité, mais GG a tenté sa chance avec son premier chocolate caliente du séjour. Le meilleur du monde, selon lui. Vers 2h, nous avons traversé la rue pour retourner à notre hôtel, histoire de prendre quelques heures de sommeil pour affronter le lendemain.

Côté gastronomie, le vendredi a été marqué par les découvertes. Des belles découvertes. Affamés par la marche pour nous rendre jusqu'au parque del Retiro, nous avons trouvé un petit café-cafétéria sans prétention aucune, mais au goût et au prix divins. Après Rome, où un café coûtait 3 euros, nous avons été agréablement surpris par le café con leche espagnol à 1,50 euro. Et quel café, mes amis! Est-ce une insulte suprême de dire que mon café au lait était le meilleur que j'aie goûté, qu'il battait tous ceux de Rome? En fin de journée, nous avons trouvé notre premier bar à tapas, La Casa Labra, où notre espagnol sommaire ne nous a pas aidés à décrypter le menu. Ça a donc été "uno de cada" (un de chaque). Debout, accotés au bar, bière dans une main, tapa dans l'autre, nous avons levé nos verres à nos premiers tapas. Un délice. Bien frits, comme on les aime. En soirée, grâce à notre ami TripAdvisor, nous avons essayé un restaurant nommé La Sanabresa. À notre arrivée, vers 20h30, l'endroit était vide. Deux ou trois locals seulement mangeaient en écoutant la télévision. À 22h, ça faisait la file pour entrer! Ce restaurant de qualité très, très, très correcte a probablement le meilleur rapport qualité-prix que j'aie vu de ma vie: une entrée, un plat principal, un dessert, du pain et un verre de vin pour 8,50 euros. Imbattable! Notre premier instinct en sortant a été de dire que nous allions revenir chaque soir, mais nos systèmes ne sont pas habitués à manger si tard... Le reste du voyage s'est plutôt déroulé sous le thème "tapas en soirée".

Le samedi a été un vrai plaisir pour le palais. En après-midi, nous avons trouvé un resto (une chaîne) appelé Cerveceria 100 Montaditos où sont servis des mini-sandwichs (les Montaditos). Comme le nom du resto l'indique, il y a 100 choix de sandwichs et tous sont à un 1 euro! La bière aussi! Nous étions aux anges. Le concept est génial aussi: on entre, on se choisit une table, on remplit une fiche où on coche les Montaditos qu'on veut, on va passer notre commande et on paie, puis ils nous appellent quand le tout est prêt. Le seul hic, c'est que le menu est entièrement en espagnol, ce qui fait qu'on ne sait pas toujours ce qu'on commande, mais ça ne peut pas être si terrible que ça, non? Dans la liste, vous pouvez trouver les Montaditos suivants: crevettes nordiques et sauce à l'ail, omelette espagnole et fromage bleu, jambon ibérique et huile d'olive, pâté de porc, etc. Rien qui nous ferait recracher le tout dans notre assiette. Bien sûr, il doit bien y avoir des anchois ou des tripes cachés dans le menu, car ce sont des mets populaires en Espagne. À bien y repenser, j'ai reçu un Montadito avec une drôle de pâte rouge vin qui ne goûtait à rien que j'avais essayé auparavant. Allez donc savoir ce que j'ai mangé sans le savoir!

Toujours samedi, mais plus tard en soirée, après une sieste de quelques heures, nous sommes sortis affronter la nuit espagnole pour "faire un chapelet" (expression qui veut dire sautiller de bar en bar, mangeant des tapas et buvant du vin dans chacun). Notre premier arrêt fut à l'obligatoire Casa del Abuelo, un restaurant ouvert depuis 1906 et réputé pour son vin maison (il tape) et pour ses crevettes. En entrant, le minuscule restaurant est plein de gens debout (aucune table ici). On ne sait pas trop comment ça fonctionne, mais nous réussissons à commander crevettes et vin. Encore une fois, un pur délice! La soirée commençait vraiment du bon pied. Notre deuxième arrêt a été de l'autre côté de la rue, à La Alhambra, un bar hyper mignon, plein de céramique, où nous avons cette fois dégusté vino tinto, chorizo et fromage manchago. GG ne se pouvait plus, le manchago étant son fromage préféré à vie. Notre troisième arrêt fut au Kaixo, un bar à tapas branché. La place était remplie à craquer et les serveurs tous déguisés pour le carnaval. Belle ambiance. Cette fois, nous avons opté pour les croquettes de jambon (très populaires dans le coin). Super bonnes, et à peine grasses... Notre dernier arrêt fut à La Solera (ou quelque chose du genre, car à ce point de la soirée, nous étions un peu pompettes et définitivement sur un high de nourriture). Bons joueurs, nous n'avons pas abdiqué et nous avons continué la ronde de tapas avec du saumon fumé et des verres de sangria pour bien terminer la soirée. Par la suite, nous avons roulé jusqu'à l'hôtel. Heureusement que celui-ci n'était qu'à quelques mètres des bars...

Durant les trois jours suivants, nous avons répété l'expérience. Nous sommes retournés à certains endroits adorés (Cerveceria 100 Montaditos et La Casa del Abuelo), mais nous avons aussi essayé d'autres spécialités. Entre autres, les churros, une espèce de beigne frit que l'on trempe dans notre café ou notre chocolat chaud au déjeuner. Quoi de mieux qu'un kilo de gras saturé pour commencer la journée? Nous sommes aussi atterris dans un resto appelé Las Bravas où est servie une spécialité de Madrid: les patatas bravas. Cette fois, j'ai complètement perdu la tête! J'ai capoté! Je suis tombée amoureuse pour la troisième fois (la première étant avec GG, la deuxième étant avec les Montaditos). Les patates (simplement coupées en quartiers et frites, por supuesto) sont recouvertes d'une sauce secrète brevetée, la sauce Brava. À la première bouchée, on ne sait pas trop. C'est très orange, très épicé et ça a un goût fumé. P1000755On continue, puis on se laisse avoir. Je suis ressortie de l'endroit presque en pleurs à l'idée de ne plus en manger (soit je suis vraiment gourmande, soit j'ai une relation beaucoup trop intense avec la nourriture). Presque immédiatement, je me suis mise à la recherche d'une épicerie qui vendait cette sauce magique et Eurêka! J'en ai trouvé. Mais maintenant, je regrette de ne pas en avoir acheté plus. Je panique déjà à l'idée d'ouvrir ma bouteille et de ne plus en avoir. Une fois mon high d'hydrates de carbone passé, nous avons terminé la soirée dans un merveilleux bar appelé La Venencia qui se spécialise dans le sherry. Situé dans une toute petite rue, rempli de gens du coin et avec des murs et des murs de vieilles bouteilles de sherry, cet endroit est presque féerique.

Vive Madrid et ses tapas et ses bars et ses vins et ses patates!

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24 février 2007

Madrid - Buenos días

Globe-trotters dans l'âme, l'heure de notre prochain périple était enfin arrivée. Le 15 février en soirée, nous sommes partis à Madrid où nous passerions cinq jours. Pourquoi Madrid? Encore une fois, le prix des billets d'avion a un peu provoqué notre décision (pas chers, pas chers), mais nous pensions aussi que l'Espagne serait une bonne destination "soleil". On espérait bien laisser derrière nous les jours pluvieux anglais. Il fait chaud en Espagne, non? Oui... Mais Madrid étant située sur une plaine au beau milieu de la péninsule ibérique, ses hivers sont plutôt rigoureux. Pour l'Espagne, bien entendu. Nos espoirs de parcourir la ville vêtus en été ont donc été vains, et c'est plutôt avec un bon imper et de gros chandails que nous avons arpenté la ville.

Et de l'arpentage, il y en a eu! La ville est absolument grandiose et immense, avec une superficie d'environ 607 km2 (La superficie de Montréal est d'environ 186 km2). Ce fut le premier choc, car j'avais souvent entendu dire que Madrid était un peu la petite soeur de Barcelone, une ville qu'on pouvait outrepasser sans vraiment rien manquer, une ville plutôt terne où on n'y passe que deux jours. Comme j'aime bien encourager les équipes qui ne mènent pas, j'espérais beaucoup que Madrid m'éblouisse, ce qui me permettrait de dire aux gens que moi, je l'aimais bien la ville. Honnêtement, je n'ai peut-être pas été éblouie, mais j'ai rarement été plus impressionnée. La ville est colossale et son architecture est gigantesque. Tous les bâtiments sont hauts et énormes. Les rues sont longues et larges (souvent 4 voies). Le métro est absolument hallucinant (13 lignes, et c'est sans compter les trains de banlieue). Côté tape-à-l'oeil, c'était très bien parti.

Pour commencer, nous avons visité le Madrid des Bourbons, un quartier où l'on retrouve encore "de grosses affaires". Notre premier arrêt fut le Parque del Retiro, un espace de verdure de plus de 100 ha en plein milieu du centre-ville où on y retrouve multiples bâtiments et statues, même un lac artificiel où nous pouvons louer des chaloupes.

[Monument à Alphonse XII bordant le lac du Parque del Retiro]
Parque_del_Retiro
Puis nous avons continué notre route et sommes allés saluer Christophe, Colomb de son p'tit nom, pour le féliciter de ses belles découvertes. La rencontre n'a pas été trop longue donc nous avons eu le temps d'aller flâner à la bibliothèque nationale où on y présentait une exposition intitulée
España en el Mediterráneo. Heureusement qu'elle était gratuite, car elle n'était qu'en espagnole. On pouvait en comprendre des brides, mais celles qu'on perdait étaient frustrantes. J'ai beaucoup plus apprécié la BD à colorier de Don Quichotte que j'ai trouvée dans le coin réservé aux enfants. Comme je suis encore enfant dans l'âme, j'en ai pris une copie (je pense qu'elles étaient gratuites... Il n'y avait pas de prix et il y en avait des piles). Pendant que GG lira l'original de Cervantes, moi, je lirai ma BD. Si je suis vraiment motivée, peut-être bien que je la colorierai.

En plus du Madrid des Bourbons, nous avons aussi bien sûr visité le vieux Madrid, là où tout a commencé en l'an 156. Ce quartier est lui aussi très impressionnant. Nous y retrouvons le palacio real, construit en 1734, là où les rois et reines d'Espagne habitèrent jusqu'en 1931. Aujourd'hui, la famille royale habite hors de Madrid, mais le palacio real est encore utilisé lors de réceptions officielles:Palacio_Real_2

Mais ce quartier, malgré son histoire importante et ses édifices immenses, offre aussi un sentiment de p'tit coin. C'est un endroit où on se sent à l'aise, où on y joue de la musique, où les maisons et les plazas sont plus colorées les unes que les autres. L'une d'entre elle, la plaza Mayor, est probablement la plus impressionnante. Inaugurée en 1620, elles est parfaitement carrée et les bâtiments qui la ceindrent sont magnifiques. On ne peut que rêver d'y posséder un de ces appartements à la façade multicolore. De plus, on ne peut qu'aimer un endroit qui sait reconnaître le talent et qui loue des DVD de C.R.A.Z.Y.!

CPlaza_Mayor_5

[plaza Mayor]

En parcourant ce quartier, nous sommes aussi aller fouiner à l'énorme marché aux puces, El Rastro, qui se tient chaque dimanche. Ce marché a été fondé au Moyen Âge et est toujours aussi populaire, sinon plus. Le nombre de personnes (des touristes, mais surtout des Madrilènes) qui s'y baladent est dépaysant. Le marché se tient principalement sur une grande rue (la calle de la Ribera de Curtidores), mais si on veut échapper à cette dense foule pendant quelques minutes, il suffit d'emprunter une petite rue ou ruelle perpendiculaire. Le marché se poursuit dans ces rues, mais en version réduite. Claustrophobes s'abstenir, car je crois que même les plus gros marchés de Londres n'ont pas une foule aussi imposante:El_Rastro

                                                                                    [El Rastro]

Comme Madrid a une énorme superficie, il est donc normal qu'on y retrouve plusieurs quartiers différents, éparpillés un peu partout. Malheureusement, nous n'avons pas pu tous les voir, mais nous sommes quand même allés nous promener hors du centre. Nous nous sommes rendus au Parque del Oeste où nous avons pris un téléférique qui nous a menés à la Casa de Campo, un énorme espace naturel de 1 740 ha qui était l'ancienne chasse royale. Les jours d'été, cet endroit doit être génial. C'est une petite oasis en ville, mais sans la folie urbaine. Le téléférique nous offre aussi une belle vue de Madrid qui est dure à trouver autrement, car la ville est si étendue:

Vue___bord_du_Teleferico

Ils sont nombreux, les autres quartiers où nous n'y avons que mis les pieds l'espace d'un court moment, mais que nous avons tout de même aimés. Il y a Malasaña, un ancien quartier hippie où la Movida a pris son essor; il y a aussi Chueca, un quartier à l'origine surtout gai, mais aujourd'hui, probablement le quartier le plus en vue de Madrid, là où on retrouve les meilleures tables et bars; on retrouve aussi Salamanca, un quartier chic aux grands magasins; et surtout, il y a la puerta del Sol, le quartier où était situé notre hôtel. Celui-là, on a eu la chance de le visiter de fond en comble, de jour comme de nuit (j'y reviendrai dans le message suivant).

Quand le soleil se couche sur Madrid, le vrai fun commence...

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22 février 2007

On a aimé Madrid à cause...

  1. des tapas,
  2. de son architecture pour le moins grandiose,
  3. des carrés de céramique où sont écrits les noms des rues,
  4. de la foule qui envahit les rues après 22 h,
  5. des cafés, des chocolats chauds et des churros,
  6. des tapas (ils valent la peine qu'on les mentionne deux fois),
  7. de la joie de vivre espagnole !                                                                                 

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