09 juillet 2007
Virée en région néerlandaise
C’est
toujours plaisant de visiter les grandes villes pour quelques jours, car c’est
souvent là qu’on retrouve le plus de musées ou d’activités. Mais pour nous, un voyage ne
serait pas complet sans avoir découvert les régions avoisinantes plus rurales.
Lors de notre séjour aux Pays-Bas, nous savions que nous allions passer deux
jours à Amsterdam, mais nous voulions aussi explorer la région. Notre premier
arrêt, un peu inhabituel, fut à La Haye. J'imagine déjà votre réaction… Pourquoi La
Haye? Ce n’est que du béton, qu'une région administrative, non? C’est ce que je
pensais aussi, mais comme un ami de GG travaille pour l’OTAN là-bas, nous avons
décidé d’y passer une journée.
Située
à environ une heure en train d’Amsterdam, La Haye, au premier coup d’œil, est très
moche. Du béton, des viaducs, de l’architecture sans âme. Mais une fois passés
ce premier quartier peu attrayant, on entre dans une ville qui est tout à fait
européenne: rues piétonnières en pierre, immeubles imposants et
impressionnants (le musée Mauritshuis, le palais huis ten Bosch, le Binnenhof), et surtout, ce petit plus que chaque ville d'Europe essaie d'offrir pour se démarquer. Ici, ce sont des statues/sculptures. La reine
Beatrix des Pays-Bas, qui habite le palais huis ten Bosch à La Haye, affectionne particulièrement cet art. Chaque année, elle est présente au festival des sculptures en plein air de La Haye et elle a
aussi subventionné des œuvres d’art qui se retrouvent partout dans la ville. Au
détour d’un coin de rue, immanquablement, vous retrouverez une sculpture (comme celle de gauche).
Après
cette petite virée à La Haye, nous sommes partis vers Delft (à environ 20
minutes de La Haye), petite ville que je rêvais de visiter depuis que j'avais lu le livre Jeune fille à la perle (et vu le film), livre dans
lequel on parle du peintre Vermeer et de l'histoire (fictive) entourant son fameux tableau de la jeune fille à la perle. (Toutes ses toiles ici). Après avoir idéalisé cette ville,
je ne pouvais qu’être déçue, non? Faux! J’ai été conquise. Même GG a adoré
cette petite ville presque inchangée depuis des siècles. Il n’y a pas beaucoup de choses à faire à Delft, mais on aime y être et y passer du temps. Chaque détour nous arrache des Ho! et des Ha! Nous avions rarement vu une ville aussi coquette dans tous nos déplacements.
Tout est beau. Tout est fascinant et tout recèle d'histoire. Il y a les églises: la Oude Kerk (vieille église) à la
tour penchée, érigée vers l'an 1200, où repose Johan Vermeer, ainsi que la Nieuwe Kerk
(nouvelle église) à la flèche effilée, église gothique érigée au 14e
siècle où fut assassiné Guillaume le Taciturne. C'est là qu'on retrouve la crypte
familiale de la famille royale de Guillaume 1er d’Orange.
Inutile de dire que nous avons adoré Delft. Nous avons aimé notre hôtel, le Soul Inn, un genre d’auberge de jeunesse/B&B où tout a été décoré à la mode des années 70. Nous avons aimé le tout nouveau Vermeercentrum où nous avons pu en apprendre plus sur le peintre, son œuvre et sa vie à Delft. Nous avons aimé Jill’s, un restaurant qui fait de la haute gastronomie avec des ingrédients du coin et pour un prix très décent. Et finalement, nous avons tout simplement adoré le Locus Publicus, un bar à bières enfumé, où les gens du coin jouent aux échecs et où les barmen connaissent leurs produits. Nous sommes tombés amoureux de la bière belge Dikke Mathile. Juste pour cet endroit, Delft vaut le détour!

Lequel est vrai? Lequel est faux? Une des activités "pour enfants" du Vermeercentrum...
29 juin 2007
De l'eau, des canaux, des vélos
Après quelques essais ratés, je reprends la barre de ce blogue
qui dérive et je vous livre finalement un compte rendu de notre premier séjour
en terre néerlandaise. Ce petit arrêt m’aura quand même donné le temps de
réfléchir à ce voyage éclair où nous avons beaucoup accompli en peu de temps.
Avec le recul, je pense même que mon appréciation de la ville a augmenté. Comme
nous n'avions aucune attente et que nous pensions même ne pas trop apprécier
Amsterdam, nous avions décidé de diviser notre séjour de manière à passer deux
jours à Amsterdam ainsi que deux jours dans la région de Den Haag et de Delft.
Donc, les quelques heures que nous allions passer à Amsterdam devaient être
bien utilisées. Et elles le furent. Dès notre arrivée, "l’expérience
Amsterdam" a commencé, car notre hôtel était situé sur une péniche.
Plus typique que ça, on meurt! C’était mignon comme tout et bien situé, mais
notre chambre était minuscule (photo 3 en cliquant sur le lien), et comme sur
tout bon bateau de bois, tout craquait. Quand les autres passagers fêtaient sur
le toit ou tentaient de descendre l’échelle sans se casser la margoulette, on
les entendait. Mais c’est ainsi. Les auberges de jeunesse étaient pleines et
les hôtels "normaux" sont inabordables, alors la péniche a fait
l'affaire.
Comme notre temps était compté à Amsterdam, nous avons attaqué la ville avec force. Nous avons tout vu, ou presque. Nous avons passé par-dessus la visite du traditionnel coffee-shop. Ceci étant dit, ces coffee-shops sont nombreux et comme ils ont façade sur rue, c’est un peu comme si nous y étions allés, car les effluves nous suivaient. Les coffee-shops sont au vu et au su de tous, dans tous les quartiers, mais surtout dans le fameux Red Light, là où les demoiselles se déhanchent. Pour une raison inexplicable, j’avais l'idée étrange que ce quartier aurait quelque chose de presque romantique à cause de ses lumières rouges, de ses petits rideaux, de ses dames vêtues de déshabillés élégants. Euh… Reality check! C’est un quartier triste. Pas à cause des femmes qui y travaillent, car pour elles, je suis sûre qu’une chambre chaude et sécuritaire vaut mieux qu’un coin de rue, mais à cause des hommes qui déambulent devant elles. Il y a les vieux voyeurs qui prennent ce lieu comme un bar de danseuses où le spectacle est gratuit et qui bavent devant les vitres. Il y a aussi les groupes de jeunes gars qui sortent probablement pour la première fois de chez eux. Eux, ils sont soûls, font des paris, des niaiseries et crient à tue-tête. Visite éclair obligée faite, nous sommes rapidement sortis pour aller visiter le meilleur qu'Amsterdam à offrir, soit ces petits quartiers et minuscules rues où les canaux pullulent, où les vélos sont rois, où les arbres sont en fleurs, où les hautes maisons bordent les canaux. Ça, c’est le beau Amsterdam. Sur la terrasse d'un bruin café (soit un café brun, les plus vieux cafés d'Amsterdam, tout en bois), les yeux en l’air, car les maisons sont hautes, on ne peut pas être malheureux. La bière est bonne, les églantiers sont en fleurs, les vélos roulent et les chats se prélassent au soleil. C’est la dolce vita à la néerlandaise.
Ceci étant dit, nous n’avons pas que flâné dans les méandres des rues où il est pratiquement impossible de se retrouver. Nous avons aussi fait le plein de culture et d’histoire, avons posé les pieds où les plus grands ont vécu et en avons appris beaucoup. Notre premier arrêt fut à la maison de Rembrandt (visitez la maison ici). Le peintre néerlandais vécut dans la maison que nous avons visitée pendant environ 17 ans, de 1639 à 1656, jusqu’à ce qu’il doive faire faillite, car il ne pouvait plus faire face à ses dettes. Comme le notaire qui s’occupa de la faillite nota méticuleusement tout ce qui se trouvait dans la maison et comment le tout était disposé, il fut assez facile pour les muséologues de remettre la maison dans son état original. Donc, dans la maison, pas de toiles de Rembrandt, mais plusieurs de ses eaux-fortes et des toiles de ses élèves ou de ses contemporains. Mais surtout, c'est l'atmosphère du 17e siècle qu'on retrouve. C'est un retour dans le temps qu'on effectue l'espace d'une heure.
Comme Amsterdam regorge de musées, nous n’avions que l’embarras du choix. Il y a le Rijksmuseum, surnommé le Louvre d’Amsterdam, où on retrouve des toiles de Rembrandt et de Vermeer. Il y a le musée municipal d’Art moderne, où sont accrochées des toiles de Matisse, de Picasso, de Chagall. Il y a la brasserie Heineken, le musée des lunettes et de nombreux musées érotiques et de la marijuana. Nous avons plutôt opté pour le musée Van Gogh ainsi que la maison d’Anne Frank.
Le musée Van Gogh (toutes les toiles ici) fut pour le moins étonnant et instructif. On connaît tous les fameux tournesols de Van Gogh, on sait tous qu’il s’est coupé l’oreille lors d’une folie passagère. Ce qu’on sait moins, c’est que le peintre néerlandais est né en 1853 et que ce n’est qu’en 1880, à l’âge de 27 ans, qu’il a "décidé" de devenir peintre, après avoir été, sans succès, marchand de tableaux, instituteur et prédicant. Comme il est mort en 1890, il a donc créé toutes ses œuvres (environ 800 tableaux) en 10 ans. Un génie, crierez-vous. Oui, mais… Comme je ne connais pratiquement rien à l’art, je ne pouvais pas évaluer ces tableaux de façon très objective, mais à ma façon, laissez-moi vous dire que certains tableaux de Van Gogh, surtout les premiers, sont assez poches merci! Ne me lancez pas d’insultes, je sais bien que même le pire Van Gogh est mille fois mieux que ce que je pourrais accomplir, mais je n’essaie que de remettre en perspective l’opinion publique. S’il n’avait pas eu une vie tragique, de graves problèmes, des crises de folies et une mort prématurée, serait-il aujourd’hui aussi reconnu? GG pense que oui. Mélodie pense que non. Amies étudiantes en histoire de l’art, qu’en pense la communauté universitaire? N’allez surtout pas croire que je n’aime pas Van Gogh. J’adore ses tournesols, ses toiles d’Arles, ses tableaux aux couleurs de blé. Mais je n'aime pas certains de ses premiers tableaux, ses toiles d'influences japonaises et sa technique "pointillée" qui semble avoir mal vieillie (certains de ses tableaux ont l’air de toiles de Monet de deuxième ordre). Tout de même, justement parce que j’en ai appris sur le peintre et que je suis maintenant en mesure, selon moi, d'être plus objective, je suis heureuse d’y être allée.
Dans un tout autre ordre d’idées, nous avons visité un autre musée-maison, soit la maison-musée-mémorial d’Anne Frank. C’est dans cette maison dissimulée, située derrière le magasin d’épices d’Otto Frank, que 8 personnes (la famille Frank et d’autres employés juifs) vécurent pendant deux ans, de juillet 1942 à août 1944. En août 1944, Anne et sa sœur furent déportées à Bergen-Belsen où elles moururent du typhus en mars 1945, quelques mois seulement avant la libération. C’est une histoire incroyable que celle la famille Frank et en même temps, c’est la triste histoire commune à plusieurs Juifs à cette époque. Le musée est extraordinaire, car on ne fait pas que mettre l’accent sur les atrocités de la Seconde Guerre mondiale, mais on entre plutôt dans le quotidien d’une famille, et d’une jeune adolescente, qui dut vivre cachée pendant deux ans. Entre ses murs, il n’y avait pas que désespérance et tristesse. Il y avait des soirées pour souligner les anniversaires, il y avait des petites querelles de jeunes, il y avait des études, et bien sûr, il y avait le fameux journal d'Anne. Le musée, ouvert en 1960, a été restauré (grâce à des dons de Steven Spielberg) et est donc très bien organisé. Il est assez sobre pour rendre hommage à ceux et celles qui y ont vécu, mais aussi assez moderne pour aussi faire passer des enregistrements où nous entendons Anne parler, où nous voyons Otto Frank en entrevue après sa sortie d’Auschwitz, etc. Un vrai bijou et un incontournable à Amsterdam.
Finalement,
ces deux courts jours furent remplis de belles découvertes. Nous partions sans
attentes et encore une fois, nous avons été si bien surpris. J'imagine qu'en
hiver, alors que les arbres et les fleurs dorment, Amsterdam peut être plus
grise, mais au printemps et en été, quand la nature sourit, il fait bon y
passer quelque temps.
À
Amsterdam, on aimé:
- Manger, évidemment. On a goûté à la spécialité du coin, ces petits boterhammen, de mini-sandwichs où on y met à peu près n’importe quoi. Par exemple choucroute, jambon et moutarde ou saumon fumé, fromage et gelée quelconque. Pas chers et très bons. En plus qui n’aime pas les sandwichs?
- La bière. Il faut dire que nous nous sommes habitués à la bonne ale de l’Angleterre. Nous n’avons eu aucun mal à troquer les blondes canadiennes pour ces rousses bitter. Il a donc été agréable, aux Pays-Bas, de renouer avec de bonnes blondes aux accents sucrés. Prise dans un sympathique bruin café où joue du jazz, en admirant le soleil couchant sur les clochers colorés, c’est très sympathique.
- Se perdre dans les petites rues où un canal au nom imprononçable nous surprenait à tous les coups.
À Amsterdam, on n’a pas aimé:
- Les prix exorbitants. Après avoir passé quelques jours en Scandinavie, je suis en mesure de vous annoncer qu'à mon avis, le coût de la vie des Pays-Bas se rapproche dangereusement de celui des pays nordiques.
Plus de photos dans l'album-photos de la colonne de droite!











