Les humeurs de Mélodie

Chroniques diverses d'une Québécoise en Angleterre

11 février 2008

Parlons de l'Alfama

Lisbonne_021

L'Alfama, c'est ça. C'est ce que vous voyez sur cette photo. C'est des maisons colorées et délabrées. C'est des clochers d'église. C'est des vêtements accrochés aux cordes à linge. C'est la mer bleue à l'horizon. C'est des petits cafés cachés. C'est des restaurants où on y entend du fado. C'est des poules attachées aux maisons (oui, oui). C'est l'odeur des sardines grillées qui nous donne envie d'en manger même si on n'aime pas ça. C'est des façades en céramique. C'est beau.

Lisbonne_034Pour visiter l'Alfama, j'avais un plan: on allait prendre le tramway 28 qui monte dans la colline jusqu'au castelo de São Jorge. Ce tramway mythique passe par de petites rues et ruelles et nous fait sillonner le quartier avant de nous laisser en haut de la côte, comme on dit. Une fois arrivés en haut, GG et moi sommes descendus à la feira da Ladra (la foire de la Voleuse), un marché aux puces situé dans l'ombre des églises São Vicente de Fora et Santa Engrácia où on retrouve de tout, comme c'est la norme dans les marché aux puces, des jolies jupes aux ceintures en cuir en passant par des pièces d'automobiles (!) et des morceaux de vaisselles épars.

Lisbonne_012L'Alfama, c'est aussi un quartier où on y perd son latin. Essayer de comprendre son histoire en une journée, c'est impossible. Aujourd'hui quartier modeste, il a déjà été le plus prisé du Portugal. C'est un lieu qui attira d'abord les Grecs, puis les Romains, il fut ensuite pris par les Wisigoths et ensuite par les Maures qui y laissèrent des traces. Les chrétiens puis les armées croisées firent ensuite leur entrée et il eut quelques invasions espagnoles et françaises. Bref, comme ville historique, on fait difficilement plus complexe. Étonnamment, même si l'Alfama est le quartier le plus visité de Lisbonne, c'est aussi un "vrai" quartier. Au mois de novembre, en saison basse, à la tombée du jour, il n'y a plus aucun touriste dans les rues. Ceux-ci ont laissé place aux jeunes jouant au ballon, aux mamans qui crient de leur balcon et qui appellent leur maisonnée au souper. Et quant le soir se pointe, étrangement, c'est assez calme. Pour seuls bruits, des tam-tams qu'on entend au loin et les maîtres d'hôtels des petites bicoques à fado qui essaient d'attirer quelques clients qui se racontent des blagues pour passer le temps.

Lisbonne_017Pour vous prouver que je ne mentais pas...

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06 février 2008

Parlons du Chiado et du bairro Alto

Lisbonne_036[immeuble du bairro Alto]

Il y a des lieux qu'on aime dès le premier regard. Ce ne sont pas nécessairement les plus beaux endroits ni les plus intéressants ni les plus excitants, mais on s'y retrouve. C'est comme si on les reconnaissait, comme si on rentrait chez soi. Il y a trois ans, c'est le sentiment que j'ai eu en visitant l'Écosse. L'année dernière, la campagne suédoise m'a touchée et dernièrement, ce fut le tour de Lisbonne. Évidemment, le fait de quitter la grisaille anglaise pour passer presque cinq jours au Portugal remonte le moral, mais c'était plus que ça. En plus d'être jolie, historique, sympathique et vivante, Lisbonne est authentique. Elle n'a pas de musées dont on parle lors de soirées mondaines, elle n'est pas extrêmement propre, il y trop de mauvais graffitis partout, mais avec ses marchés, ses tramways, ses pâtisseries, son soleil et sa bonne humeur, elle est bien réelle. C'est sûrement parce qu'on était en novembre, mais il semblait y avoir plus de natifs que de touristes, ce qui nous a beaucoup plu.

 

Lisbonne_055Il est passé 21 h. On pose finalement nos sacs à la pensão Praça da Figueira qui a, comme son nom l'indique, vue sur la Praça da Figueira. Quand GG et moi préparons nos voyages, c'est toujours lui qui s'occupe de trouver l'hôtel. On essaie toujours d'être assez bien situés, mais on aboutit rarement aussi près du centre de l'action! De notre balcon, on pouvait voir l'Alfama à gauche, le Chiado et le bairro Alto à droite et la Confeitaria Nacional en face, pâtisserie datant de 1829 où on est allés déjeuner chaque matin.

 

Lisbonne_223[rue du bairro Alto]

Donc, bagages posés, on part explorer les environs à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent. Il est plus de 21 h, mais à l'instar de leurs voisins espagnols, les Portugais semblent aimer la vie nocturne. Les gens se promènent, les restaurants et bars sont pleins et la plupart des magasins ne sont pas encore fermés. Quant à nous, notre estomac (encore) nous guide et on est à la recherche d'un endroit où on pourrait déguster une spécialité portugaise qu'on aime beaucoup, le frango assado (du poulet grillé). En remontant la rue Loreto, on passe devant une vitrine où on y fait griller du poulet! Eurêka! En plus, le nom de la binerie, Casa da India, m'était familier. D'après les forums Internet, c'est un endroit bien apprécié des gens du coin. Le hic, c'est que l'endroit était plein à craquer, et des gens rebroussaient chemin. Mais pas découragés pour autant, GG et moi nous sommes faufilés jusqu'au bar où les clients solitaires dégustent leur plat de sardines, de crevettes, d'olives ou de poulet. Une fois assis, on se rend compte qu'on est dans un endroit très portugais, qu'on ne connaît aucun mot de cette langue ayant trait à la nourriture, et que l'employé devant nous ne dit pas un mot d'anglais! Vite, sortons les livres! Un coup d'œil à notre guide nous indique comment commander ce qu'on veut, et le tour est joué. Quelques olives plus tard, bonheur ultime: notre poulet arrive. Je ne sais pas ce que les Portugais font à leur poulet, mais c'est le meilleur poulet au monde, juré, craché. Le voyage commence bien...

 

Lisbonne_136C'est peut-être parce que notre première soirée à Lisbonne fut très réussie, mais le Chiado et le bairro Alto, deux quartiers limitrophes et à distance très raisonnable de marche de notre auberge, furent nos préférés. Si bien qu'on y retourna plusieurs fois. La fois où on est allés prendre une ginja (liqueur aux cerises) au café A Brasileira, comme Fernando Pessoa le faisait (comme en témoigne la statue en son honneur à l'extérieur du café). Et aussi la fois où on est allés prendre des photos de façades en céramique. Ah oui! La fois où on est retournés à la Casa da India pour satisfaire une envie pressante de frango assado. Et finalement, la fois où on a parcouru les rues pour trouver le restaurant parfait pour vivre une soirée fado. Cette fois-là, c'est au Café Luso qu'on a atterri pour un souper-spectacle. Le fado, c'est une musique traditionnelle portugaise aux notes et aux paroles nostalgiques et tristes. Au Café Luso, notre souper ne fut probablement pas le meilleur repas au monde, mais à quelques mètres de nous, sur une scène, des dizaines d'artistes du fado nous donnaient des frissons.

Dans le prochain billet, on parlera de l'Alfama. Pour l'instant, je vous laisse avec deux mini-vidéos que j'ai pris au Café Luso.    

Posté par melodie1974 à 18:24 - Chroniques portugaises - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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