05 septembre 2007
Combien ça coûte en Norvège ?
Qui dit Scandinavie dit prix exorbitants, n'est-ce pas ? D'après The Economist Group, Oslo est la ville au monde où le coût de la vie est le plus élevé. D'après Mercer Human Resource Consulting, elle ne se classe qu'au dixième rang, Moscou lui volant la première place. Mais pour de simples touristes qui n'ont pas à s'occuper des loyers faramineux ou des taxes annuelles de 25 %, combien ça coûte ? Cher, comme vous le verrez, mais pas énormément plus cher qu'en Amérique du Nord ni beaucoup plus cher que dans d'autres pays de l'Union européenne.
À mon avis, la principale différence se remarque dans le prix de l'essence. Alors que les Européens vivent avec ce genre de prix (2$/litre) depuis plusieurs années, les Américains et les Canadiens commencent seulement à subir une légère augmentation. Il y a aussi le prix de l'alcool qui est absolument dément, ce qui n'empêche pourtant pas les jeunes de fêter la fin de semaine. Dans le prix de l'alcool, on retrouve une taxe de 25 %, que le gouvernement utilise à bon escient, du moins en ce qui concerne les routes norvégiennes, car même les routes isolées, peu fréquentées et très au nord sont en parfaite condition. Alors, quand le gouvernement québécois vous dira que nos routes sont en mauvais état à cause de nos rudes hivers, dites-vous qu'il vous ment en pleine figure, car les routes de Norvège font face aux mêmes hivers, mais sont en excellentes conditions. La différence, c'est l'investissement et la qualité du travail, et non pas dans la rigueur de l'hiver québécois.
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1 latté: 25 Nok = 4,52 $
1 demi-litre de lait: 9,40 Nok = 1,69 $
1 petit jus de pommes: 8,50 Nok = 1,54 $
1 yogourt individuel: 6,50 Nok = 1,18 $
1 pot de Nugatti (500 g) (genre de Nutella): 20,90 Nok = 3,77 $
1 boîte de craquelins Wasa: 17,90 Nok = 3,23 $
Fromage norvégien en tranches: 19,90 Nok = 3,59 $
Jambon en tranches: 18 Nok = 3,26 $
6 pommes de terre: 12,78 Nok = 2,30 $
1 citron: 2,95 Nok = 0,53 $
1 Snickers: 8,50 Nok = 1,53 $
1 gros sac de chips: 14,50 Nok = 2,62 $
1 bière Hansa en épicerie (grosse cannette): 20,90 Nok = 3,77 $
1 bière Hansa au restaurant (moyenne): 49 Nok = 8,87 $
1 Coke au restaurant: 32 Nok = 5,79 $
1 plat de poulet au restaurant: 109 Nok = 19,73
1 plat de saumon au restaurant: 126 Nok = 22,81 $
1 carte postale: 10 Nok = 1,81 $
1 entrée de musée: 65 Nok = 11,72 $
1 entrée étudiante de musée: 35 Nok = 6,31 $
1 billet d'autobus de ville: 23 Nok = 4,16 $
1 litre d'essence: 11,96 Nok = 2,16 $
1 plein essence (34 litres): 406 Nok = 73,50 $
*Toutes les taxes sont incluses dans les prix.
23 août 2007
Acte V : Tout ce qui monte doit redescendre ou l'arrivée à Oslo
Jeudi, minuit. Nous traversons finalement le seuil du
Cochs Pensjonat. Nous venons d'arriver à Oslo, dernière étape de notre voyage. Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre, car certaines personnes nous avaient dit avoir aimé la ville, alors que d'autres l'avaient détestée. Heureusement, nous, nous l'avons adorée! Même qu'en rentrant
à Portsmouth, Oslo nous manquait énormément. Souvent, au cours des jours
qui ont suivi notre retour, la ville d'Ibsen faisait surface dans nos conversations et sa mention était indubitablement suivie d'un "Ahhhh, Oslo".
Mais qu'est-ce qu'Oslo avait de si spécial pour tant nous charmer? Un peu de tout et un
peu de rien. Oslo, capitale de la Norvège, est une métropole, mais ses 550 000 habitants font d'elle une "assez-petite-grande-ville" qu'on peut découvrir pas à pas. Au premier coup d'oeil, il est évident qu'elle n'est pas aussi jolie que la colorée
Stockholm et qu'elle n'offre pas de paysages aussi grandioses que ceux de la région des fjords, mais elle nous attire quand
même. En plus, elle nous rappelle un peu le Québec. Oui, vous avez bien lu. Oslo nous faisait un peu penser à Montréal: une métropole culturelle ni trop grosse ni
trop petite, de multiples quartiers tous différents (indien, étudiant, portuaire, etc.), une
architecture tantôt jolie et impressionnante, tantôt plutôt moche, des rues pas trop sales, mais pas trop propres non plus, d'excellents restos, des cafés, des bars, des librairies et, en plus, un sympathique pub norvégien, Bjørungs, juste au pied de notre auberge. Tout pour être heureux!
Nous avons donc adopté Oslo presque instantanément et nous avons voulu la visiter le plus possible, ce qui veut dire que nous avons usé nous souliers à la corde et que nous avons découvert les nombreux quartiers, car tout ce qu'on voulait voir était éparpillé à travers la ville. La première journée, nous sommes allés vers l'est pour visiter le musée Munch, là même où en 2004, le Cri et la Madone ont été volés. Elles ont été heureusement recouvrées et sont présentement en restauration. Vous pouvez en lire plus, ici. Après cette visite, nous sommes repartis vers le centre où nous sommes allés, cette fois, visiter la Nasjonalgalleriet, le musée national des Beaux-Arts, où nous avons pu admirer "en vrai" un autre Cri (Munch en avait peint quelques versions). Nous avons ensuite remonté la Karl- Johansgate, l'avenue la plus célèbre du pays, pour aller fouiner autour du palais qui se dresse tout au bout de la rue. Là-bas, mon GG a eu la brillante idée d'aller visiter la petite boîte (vide) où se tient habituellement un des gardes du palais. Eh bien, elle la petite boîte était peut-être vide, mais elle était tout de même surveillée, car dès que GG y a mis les pieds, un garde royal armé d'un fusil plutôt convaincant lui a vite fait savoir qu'il était mieux d'en sortir. Quelle anecdote savoureuse ça aurait été si GG s'était retrouvé en prison royale norvégienne deux jours avant notre retour...
Le lendemain, notre tournée des musées n'était pas terminée. Comme la plupart des musées sont gratuits à Oslo, nous voulions en profiter. Cette fois, nous sommes partis vers le sud, en direction du joli quartier coloré de Christiana Torv, et nous sommes arrêtés au musée d'art moderne Astrup Fearnley. Bon, l'art moderne... Est-ce que j'aime ou non? Je ne sais pas trop. (Vous pouvez voir quelques oeuvres, ici et vous faire votre propre idée) En tout cas, tout ce que je sais, c'est que j'ai pu admirer deux toiles d'Andy Warhol, et ça, ça a fait mon bonheur! Nous avons aussi visité le musée d'art contemporain situé juste à côté où les oeuvres ont plutôt l'air traditionnelles comparées à celles du musée d'art moderne...
Le troisième jour, dimanche, notre dernier jour, nous sommes allés au nord, au parc Vigeland que je désirais ardemment visiter. En ce qui me concerne, la visite de ce parc vaut à elle seule un séjour à Oslo. Dans ce parc s'élèvent 212 sculptures réalisées par Gustav Vigeland. Ce dernier a commencé à travailler à ce projet en 1924 et il y travailla jusqu'à sa mort, en 1943. Le parc tel qu'il est aujourd'hui ouvrit ses portes en 1950 seulement, donc l'artiste n'a pas pu admirer le résultat final de l'oeuvre de sa vie. Toutes les sculptures, que vous pouvez admirer ici et ici (et dans mon album photos à droite de l'écran), représentent l'humanité. Certaines sont si touchantes qu'on se demande comment un bloc de granite peut nous émouvoir ainsi. En ce qui me concerne, le dévouement et la ténacité nécessaires à la réalisation d'un tel projet me chavirent. L'artiste n'a pas que sculpté une, deux, dix ou vingt sculptures pendant une ou deux années. Il a créé une oeuvre gigantesque pratiquement inégalée et il y a travaillé jusqu'à son dernier souffle. On ne pouvait demander meilleure fin à notre séjour norvégien...
21 août 2007
Acte IV : L'isolement ou les îles Lofoten et Tromsø
Après plusieurs kilomètres de route, il était maintenant temps de ranger la voiture et de prendre le
train (neuf heures), puis le traversier (quatre heures), pour atteindre les îles
Lofoten où nous allions passer les trois prochains jours. Nous avions très hâte de toucher l'archipel, car celui-ci est situé à 200 km au-delà du cercle polaire et est isolé de tout. Nous avions bien l'intention de nous y reposer un peu, de profiter du grand air et de jouer aux pêcheurs dans notre rorbu, un petit chalet en bois rouge utilisé par les pêcheurs de morue entre janvier et avril et loué aux vacanciers l'été. Notre premier arrêt aux Lofoten fut à Hamnøy, minuscule village situé autour d'un fjord où la quantité de mouettes et de goélands dépasse de loin le nombre d'habitants.
Après deux jours passés à Hamnøy, où nous avons fait du vélo, une randonnée et du bateau (tout ça dans la même journée), il était temps de repartir, mais cette fois-ci, nous n'allions pas très loin. Nous avons pris l'autobus en fin de journée pour nous rendre jusqu'à Ørsvågvær (je vous mets au défi de prononcer ce nom, sans oublier que le "ø" se prononce "eu" et que le "å" se prononce "o"). Cette fois, nous allions passer la nuit dans un hytte, soit une petite cabane avec électricité, mais sans eau courante ni salle de bain. Une coche en bas du rorbu, une coche en haut du camping! Je crois que GG et moi pouvons maintenant affirmer avoir essayé tous les types d'hébergement possible durant notre voyage: hôtel, auberge, auberge de jeunesse, camping, rorbu, hytte. Un quotidien pas du tout routinier. Le lendemain, un peu prisonniers de notre environnement (il est très difficile de se déplacer sur l'île, car les autobus sont très rares), nous avons parcouru environ 4 km à pied avec nos bagages pour nous rendre à Kabelvåg, car il y avait, selon ce bon vieux Routard, une jolie église et une sympathique auberge où l'on sert de bonnes pommes de terre au four aux aromates. Avions-nous vraiment besoin d'une autre motivation? Guidés par notre estomac, nous avons trouvé la dite auberge et avons profité des pommes de terre, assis sur la jolie terrasse ensoleillée. GG s'est même fait un nouvel ami, un petit Norvégien qui lui demandait de bien vouloir démêler le fil de sa canne à pêche de fortune qu'il s'était inventé.
En début d'après-midi, nous sommes partis vers Svolvær, située à un gros 5 km de Kabelvåg, où, en gros, nous avons passé les huit heures suivantes sur la grande place. Oui, vous avez bien lu. Comme Svolvær a très peu de charme et qu'elle offre très peu à faire (à part ses quelques épiceries que nous avons visitées), nous nous sommes appropriés un banc au soleil sur la place et nous avons attendu notre navire qui ne partait qu'aux alentours de 22h30. Nous avons donc fait comme chez nous sur cette charmante place, c'est-à-dire que nous avons lu, nous avons dormi, nous avons refait nos bagages (photo à gauche) et nous avons même mangé du chili que nous avons cuisiné avec notre équipement de camping...
Vers 22h, nous avons finalement embarqué à bord du Nordkapp, un des navires de la flotte de l'Express côtier qui fait la liaison entre Bergen et Kirkenes, à la frontière de la Russie. Nous n'avions malheureusement pas le temps de nous rendre jusqu'en Russie (!), mais nous avons quand même vogué jusqu'à Tromsø, où nous allions arriver 16 heures plus tard... Évidemment, il n'était pas question de louer une cabine hors de prix, alors c'est sur de petits sièges que nous avons passé la nuit. Nous étions donc aux premières loges pour admirer le paysage pendant tout le trajet, car à cette hauteur, nous avions droit au vrai soleil de minuit, celui qu'on a bien pris soin de photographier et d'authentifier.
Vers 14h, une fois arrivés à Tromsø, la pluie était de nouveau au rendez-vous. Comme il était hors de question de se promener en plein déluge (nous avions déjà donné), nous avons plutôt décidé d'aller boire et de faire la tournée de la brasserie Mack, "la brasserie la plus au nord". Pendant
presque deux heures, nous avons visité la brasserie et, bien sûr, par la suite, nous avons dégusté une pinte de la dite brasserie,
cadeau de la maison. Santé, Tromsø! Dommage qu'il pleuvait à verse et que
notre temps était compté, car cette petite ville, un genre de Trondheim miniature, avait l'air bien sympathique. Mais la bière avalée, il était déjà l'heure de filer, car nous avions un vol à attraper qui allait nous ramener au sud, soit à Oslo, dernier arrêt de notre périple...
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Pour vous donner une idée de l'étendue de la Norvège:
- Trajet en avion entre Tromsø (au nord de la Norvège) et Oslo (au sud de la Norvège): 2 h
- Trajet en avion entre Oslo (Norvège) et Londres (Angleterre): 2 h
15 août 2007
Acte III : En ville ou virée à Trondheim
Levés tôt à cause d'une nuit d'insomnie causée par notre voisin ronfleur, nous avons pu partir vers Trondheim peu après le déjeuner. Nous n'avions que 200 kilomètres à
parcourir pour arriver à destination, mais nous avions maintenant compris que sur les routes norvégiennes, tout peut arriver… Donc, peu après 9 h, nous
avons pris la route, nous arrêtant à Kristiansund, petite ville
d'environ 17 000 habitants qui marque la fin de la route de l'Atlantique. En 1940, Kristiansund disparut presque sous les bombes de la Deuxième Guerre mondiale, et quand on la reconstruisit, peut-être un peu pour essayer d'éradiquer les tristes histoires de guerre, on érigea de jolis bâtiments et des maisons aux couleurs vives. Nous avons fait une toute petite promenade autour de la vieille église, puis nous avons repris la route et encore une fois, les paysages ont changé devant nos yeux. Cette fois, finis les
fjords et les hauts plateaux aux neiges éternelles. Maintenant, on entrait dans
la forêt! Comme on montait vers le nord, on s'attendait à être confrontés à des paysages plutôt dénudés, mais pour l'instant, il n'y avait que des vendeurs de fraises (les fraises du Trøndelag sont réputées) et une forêt verte et touffue qui nous rappelait la forêt québécoise! Pas surprenant que les Vikings aient aimé l'Est
canadien quand ils y ont débarqué il y a plus de 1 000 ans. Ils se sentaient comme chez eux!
Après un pique-nique sur le bord de la route, nous avons mis les pieds à
Trondheim vers 17 h. En arrivant, nous n'avions aucune réservation, alors nous sommes allés
dans un café Internet pour faire un peu de recherche hôtelière. Pas facile de trouver un café Internet à Trondheim, car il n'y en a qu'un! En effet, comme la ville est entièrement "wireless", les cafés Internet ont perdu leur utilité. En visitant les sites des auberges et des hôtels, nous avons remarqué que l'auberge de jeunesse
était à peine moins chère qu'un qu'un hôtel offert par Expédia, alors nous avons opté pour
le "vrai hôtel" au "vrai lit" moelleux avec la "vraie douche" chaude. Est-ce évident que ça m'avait manqué?
Le lendemain, nous avions toute la journée devant nous, car notre train ne partait qu'à 23 h 30. Et comme pour nous récompenser
de toutes ces nuits passées sous la pluie, le soleil avait décidé de sortir et la journée a été magnifique. Un vrai soleil de plomb. Est-on vraiment au nord? Bien
reposés, nous avons attaqué la ville et nous avons marché et encore
marché. Trondheim, jadis nommée Nidaros, fut pendant un temps la capitale de la Norvège. Au moins dix incendies dévastateurs ont ravagé la ville entre 1598 et 1842, mais elle s'est toujours relevée et elle est plus belle que jamais. Avec ses 150 000 habitants, la ville est idéale pour la promenade. Elle n'est pas trop étendue, et tout
est situé à distance de marche. En plus, certaines rues sont piétonnes, alors nous en avons profité. Nous avons déambulé parmi ces vieilles rues de pierres, nous avons fait du lèche-vitrine, nous avons écumé les
libraires et bouquineries, nous avons dégusté des cafés au lait dans de charmants petits cafés où
nous avons rencontré de gentilles gens, nous avons visité la forteresse de Kristiansten, le vieux quartier des entrepôts et la fameuse cathédrale de Nidaros, l'église la plus importante de Norvège, là où on habituellement lieu les mariages royaux et les couronnements. Mon GG est tombé amoureux de la ville. Il était prêt à aller poser sa candidature comme professeur à l'université et n'arrêtait pas de me dire: "Regarde comme c'est beau. Prends des photos de la vie à Trondheim." Et il avait bien raison. Peut-être était-ce à cause du soleil et du fait qu'on était samedi, mais il faisait beau et tout le monde semblait heureux. La ville était belle, jeune, vivante, intéressante et attrayante. On ne peut qu'être attirée par son charme.
Vers 19 h, épuisés par les kilomètres que nous avions marchés, nous avons
opté pour nous reposer... au cinéma! Le mélange des genres étant ce qu'il est, nous avons vu 2
Days in Paris, soit un film en français et en anglais sous-titré en norvégien.
Vive la mondialisation! En entrant, nous n'avons pas vraiment porté attention au prix
des billets, mais plus tard, nous nous sommes rendu compte que le film qu'on venait de
voir nous avait coûté 15 $ chacun. Heureusement que c'était un bon film! Maintenant que le temps avait filé, en sortant du cinéma, il était l'heure d'aller chercher nos bagages et de
reprendre la route. Notre train de nuit partait à 23 h 35 en direction de Bodø,
située à 300 km au-delà du cercle polaire. Là, nous allions prendre un (autre)
traversier qui allait, cette fois-ci, nous amener aux îles Lofoten où nous
allions nous établir pour trois nuits...
08 août 2007
Acte II : En campagne ou la région des fjords et la route de l'Atlantique
Nous avons quitté Bergen sous la pluie en direction de Balestrand où
nous voulions poser notre tente. Entre ces deux endroits, il y a moins de 300 km,
mais parcourir 300 km sur les routes norvégiennes prend plus de huit heures! Premièrement, les paysages sont si beaux qu'on veut
constamment s'arrêter. Deuxièmement, il y a toujours des petits villages
ou des églises en bois debout à visiter et troisièmement, les routes étroites et
sinueuses où circulent camions et roulottes nous empêchent d'avancer très rapidement. Mais
comme nous n'étions pas pressés, ce fut un plaisir de traverser ces routes qui
nous mènent des vallées fertiles aux neiges éternelles et qui débouchent toujours sur un
magnifique fjord. Cette fois-ci, nous avons longé le Sognefjord pour arriver à Balestrand au moment même où le soleil se montrait le bout du nez. Nous avons donc pu nous promener dans ce
petit village coquet et romantique, très prisé des artistes au 19e siècle.
Le lendemain, hourra ! La pluie avait cessé. Bonne nouvelle, car on repartait en camping vers le fjord de Geiranger, un fjord qu'on décrit souvent comme étant le plus grandiose et qui fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette fois-ci, en chemin, nous n'avons pas qu'atteint des
neiges éternelles, mais aussi un glacier, le Briksdalsbreen. C'est incroyable de passer d'un petit village "fjordesque" au climat tempéré à un glacier en si peu de temps! Nous n'avons pas
fait la randonnée de quatre heures pour nous rendre jusqu'au sommet du glacier, mais nous
avons quand même pris le temps de faire une promenade et de nous en approcher.
Après cet arrêt de quelques heures, nous sommes repartis vers Geiranger où nous
avons planté notre tente au pied d'une chute. Romantique, non? Oui, mais aussi très
bruyante cette force de la nature...
[Essayez de voir la ferme à droite des chutes.] Après cette nuit passée au pied d'une chute, et avant de reprendre la route, nous avons fait une
balade sur le fjord de Geiranger. Pendant une heure et demie, le bateau sur
lequel nous nous trouvions a sillonné ce magnifique fjord bordé de falaises abruptes impressionnantes et de nombreuses chutes. Et comme si ce n'était pas assez, en portant bien attention, on pouvait voir, perchées sur ces falaises, des fermes (photos ici). Au 18e et au 19e siècles, il
y avait des fermes nichées dans ces roches où l'on faisait
pousser des fruits et des légumes, mais où on élevait aussi des animaux, comme des
vaches et des moutons. Peu à peu, les familles ont abandonné les fermes pour
déménager au village et en 1960, plus aucune n'était habitée. Un comité de
préservation de la région les restaure pour commémorer ce pan d'histoire peu ordinaire. Certaines de ces fermes étaient si près de la falaise que les fermiers devaient attacher leurs enfants à des poteaux pour éviter qu'ils ne tombent dans le vide. En plus, c'est même dans une de ces fermes restaurées, celle de Skageflå, que le couple royal de Norvège et leurs invités ont fêté leur 50e anniversaire de mariage.
Après cette croisière, il était temps de reprendre la route, et encore une fois, nous avons été sans mots. Nous savions que pour nous
rendre à notre prochaine destination, soit la route de l'Atlantique, il nous fallait
passer par la route des Trolls, une route extrêmement sinueuse composée de 11 épingles
très serrées, mais nous avons tout de même était abasourdis. Du haut du promontoire, on dirait une
piste de voitures de course pour enfants. Mais une fois sur la route, c'est une autre histoire, car un embouteillage sur la route des Trolls n'est pas un embouteillage normal. Le problème, c'est qu'il n'y a pas
beaucoup d'espace pour se tasser. D'un côté, c'est un mur de roches, alors
attention à la peinture de la voiture, et de l'autre, eh bien, c'est le vide,
alors attention tout court. Chapeau à GG qui a conduit en vrai petit troll norvégien!
Finalement, en fin de journée, nous avons atteint la fameuse route
de l'Atlantique. Cette route d'environ 9 km est composée de huits ponts. Celui qui nous accueille (celui de la photo), est incroyable, et nous pensions que toute la route serait ainsi. Malheureusement, ce n'est pas le cas, et après toutes les merveilleuses découvertes des derniers jours, je dois avouer que nous avons été un peu déçus, car ce détour est coûteux en temps et en argent, car une fois la route complétée, pour continuer son chemin, il faut prendre deux traversiers, ce qui est plutôt dispendieux dans ce pays. Mais comme il y a toujours un bon côté à tout, il faut dire que nous avons bien aimé notre nuit, malgré des voisins ronfleurs,
car nous avions vraiment l'impression d'être au milieu de nulle part.
05 août 2007
Acte I : L'amorce ou la vallée du Numédal et Bergen
Après trois jours passés à Stockholm, c'était maintenant l'heure
d'entreprendre l'autre partie de notre voyage: la Norvège. Très tôt le matin, nous avons pris
le train à Stockholm pour nous rendre à Oslo où nous allions prendre possession d'une voiture que nous avions réservée.
Vers 16 h, voiture en mains et sous la pluie, nous sommes partis en direction de la vallée du Numédal, située au nord-ouest d'Oslo. En temps normal, l'heure tardive aurait pu être un problème, car monter une tente dans le noir
n'est jamais plaisant, mais comme nous allions vers le nord, le soleil ne se couchait
pas avant 22 h, alors nous n'étions pas trop pressés. Tranquillement, nous avons attaqué
la Norvège en nous émerveillant des nouveaux paysages qui s'offraient à nous, car la
vallée du Numédal nous offrait plusieurs spectacles différents: forêt dense, vallées, rivières, chutes et surtout, églises en
bois debout qui nous faisaient écarquiller les yeux. Et c'est
justement dans la région de ces églises en bois debout que nous avons passé notre première nuit. Nous avons posé la tente près de Nore et le lendemain, nous avons pu visiter un musée en plein air (très
populaires en Norvège), le bygdetun d'Uvdal. Comme nous sommes arrivés très tôt
(avant 9 h),le musée nous appartenait! Nous avons eu tout le
loisir (et le plaisir) de nous promener parmi cette commune et d'entrer
dans la plupart des petits bâtiments restaurés (église, fermette, bergerie,
école, grenier, cordonnerie, etc.).
Puis, nous avons poursuivi notre route qui
nous a menés dans plusieurs pays en une seule journée! Des vallées
vertes aux hauts plateaux, de la forêt à la toundra et aux neiges éternelles, des tunnels (certains faisant presque 8 km) aux routes sinueuses débouchant sur de magnifiques chutes, nous sommes arrivés à notre premier fjord, le Hardanger. C'est incroyable de passer du lancer de boules de neiges à l'immensité bleue d'un fjord entourée de verdure en quelques minutes...
Après quelques arrêts le long du Hardanger, nous sommes arrivés à Bergen en fin de journée où nous avons réussi à trouver notre
auberge, nichée dans les rues confondantes de la banlieue norvégienne. C'est que Grønnestøsvein, ce n'est pas la même chose que Grønnestøsvegen... Le lendemain de notre arrivée, comme la pluie avait cessé, nous sommes
partis tôt pour explorer Bergen, ville portuaire et deuxième ville en importance du pays. Sans contredit, Bergen, surtout
le
vieux Bryggen, est magnifique. Les maisons en bois le long du quai, les petites
rues et ruelles qui cachent marchands et artisans sont superbes pour
flâner et faire du lèche-vitrine. Mais justement parce que Bergen est si
mignonne, elle est
littéralement envahie de touristes, ce qui rend la promenade parfois un peu
moins agréable. Ceci étant dit, nous avons quand même profité de ce que
Bergen avait le mieux à offrir. Nous nous sommes promenés allègrement dans ces rues aux maisons en bois, nous avons acheté des crevettes fraîchement
pêchées et cuites que nous avons décortiquées sur place et que nous avons
fourrées dans de petits pains frais achetés à la boulangerie du coin, nous avons pris un funiculaire pour monter sur un
promontoire qui nous permettait d'avoir une superbe vue de la région et finalement, une fois rentrés à l'auberge, nous avons cuisiné des filets
de saumon achetés plus tôt au marché. Absolument incroyabes! Comme
nous n'avions rien pour les assaisonner, sauf un citron et un carré de
margarine, nous avons vraiment compris que la fraîcheur est l'ingrédient
principal de n'importe quel repas, car ça a été le meilleur saumon de notre
vie! J'en salive encore… Après ce bon repas, nous étions prêts à affronter les
prochains jours de camping où des repas peut-être un peu plus simples seraient à l'honneur...
03 août 2007
Prologue : Stockholm
En avril dernier, GG et moi avons séjourné quelques jours en Suède et
nous avons adoré découvrir ce pays, ces endroits où ni lui ni moi n'avions mis
les pieds auparavant. Nous avons tellement aimé notre séjour que nous avons décidé d'aller passer nos vacances d'été en Scandinavie. Donc, le 11 juillet dernier, nous avons pris un
avion en direction de Stockholm où nous passerions trois jours avant de partir vers
la Norvège.
J'avais vraiment hâte d'arriver à Stockholm. Mes parents y étaient allés il y a quelques années et les photos orangées qu'ils avaient rapportées m'avaient fascinée. En plus, par hasard, en lisant Blogeneviève, j'avais découvert le blogue de Marie à Stockholm. Cette jeune Québécoise y avait été et avait tellement aimé, qu'elle y était retournée. J'ai lu tous ses billets avec avidité et je lui ai même écrit pour lui poser quelques questions. Elle a eu la gentillesse de m'écrire un long courriel me parlant de Stockholm, et j'ai suivi ses conseils à la lettre, surtout celui qui disait de marcher, d'explorer et de découvrir de minuscules rues et ruelles.
En plus, notre
auberge se prêtait très bien à ce genre d'exploration, car il était situé en plein dans Gamla
Stan, la vieille ville, qui n'est en fait qu'un amalgame de petite rues roses,
oranges, jaunes. Tout simplement magnifique. En fait, c'était tellement joli qu'on a sûrement
oublié de visiter plein d'autres coins de Stockholm, car nous avons passé la
majorité du temps dans ce quartier. Il était impossible de le quitter tellement c'était
joli. Et quelle agréable sensation de voir ces belles rues remplies de touristes pendant la journée
devenir carrément désertes le soir venu.
Le lendemain de notre arrivée, comme il pleuvait des cordes, nous avons
décidé de visiter quelques musées. Nous avons passé l'avant-midi au
Vasamuseet sur l'île de Djurgården où nous avons pu admirer le Vasa, un
vaisseau royal ayant sombré au large de Stockholm en 1628. En 1956, on a
découvert l'épave, et comme l'eau peu salée a ralenti sa détérioration, c'est un
vaisseau pratiquement complet que nous voyons. Il faut que ce soit
impressionnant pour que je passe trois heures dans un musée naval…
La matinée a donc très bien passé, surtout qu'au dîner, nous avons pu goûter aux fameuses boulettes suédoises au café
du musée. Verdict? Pas mal du tout! Et c'était trop mignon de voir tous ces
petits Suédois manger ces boulettes de bon appétit. J'imagine qu'elles représentent un
peu les croquettes de poulet de petits Québécois...
En après-midi, comme il pleuvait toujours, nous avons visité le musée
Nobel, un tout nouveau musée qui rend hommage à Alfred Nobel, cet inventeur suédois qui a
légué toute sa fortune pour l'instauration des prix que nous connaissons. Malheureusement, le musée, peut-être parce qu'il est nouveau, ne contient pas
grand-chose. On y trouve une salle intéressante sur monsieur Nobel, quelques
découpures de journaux sur les lauréats controversés, des renseignements sur les
lauréats récents, mais rien d'accessible ni de complet sur tous les lauréats précédents. Au lieu
d'une salle d'exposition temporaire (qui montrait, à notre passage, les peintures
de Winston Churchill), le musée devrait plutôt penser à améliorer son contenu. Une fois la visite terminée, comme il ne mouillait plus, nous sommes allés nous promener dans le quartier de
Riddarholmen, une petite île juste à côté de Gamla Stan, où se trouve
l'église qui accueille les funérailles royales et abrite les tombeaux des rois
passés. C'est une toute petite île, mais tout aussi colorée que Gamla Stan,
avec de jolies maisons jaunes et roses:
Au cours de notre troisième et dernière journée, nous avons décidé de sortir (un peu) de
Gamla Stan et d'aller explorer Södermalm, un magnifique quartier de Stockholm,
un peu bohème, très historique. C'est là qu'on retrouve ces vieilles maisons de bois d'environ 400 ans qui sont
maintenant interdites, car il y a déjà eu plusieurs incendies dévastateurs qui les ont presque toutes rasées.
Nous avons arpenté les rues, pris des photos, nous sommes reposés aux pieds des
églises colorées et avons mangé chez Herman's, un resto végétarien (oui, GG a
mangé végé) avec une vue magnifique. Si vous passez par Stockholm, ce
resto est un arrêt obligatoire. Pas trop cher (encore moins le midi), il offre
un buffet végétarien dont le thème change quotidiennement. Le soir de notre passage,
c'était un buffet indien. En plus, sur la terrasse, nous avons droit à un groupe jazz et à un jeune homme aux commandes d'un énorme BBQ qui fait griller des
tonnes de légumes et de tofu. Avec le soleil couchant sur Stockholm, c'est dur de
trouver mieux.
02 mai 2007
Farvel : Au revoir, Scandinavie
L'heure du départ approchait. Il ne nous restait plus que quelques heures en sol danois avant de rentrer en Angleterre. Après avoir déjeuné au très fameux café La Glace, où nous avons eu un chocolat chaud, un jus d'orange et deux chocolatines (pour un "maigre" 24,60 $ qui n'en valait pas du tout la peine - à éviter si vous êtes dans le coin), nous sommes partis vers Christiana, quartier de Copenhague qui est en fait une commune tout à fait autosuffisante. Mais en chemin, nous avons vu un bateau Netto, l'entreprise qui offre des tours de bateau deux fois moins chers que son rival "très répandu en ville", DSF. Comme le prochain tour partait dans les prochaines minutes, nous avons décidé d'embarquer. Pour quelques dollars, nous avons eu droit à un tour privé de plus d'une heure. Nous étions seuls à bord!
Pendant cette heure, nos gentils guides nous ont amenés près de la petite sirène, près de Christiana et dans les nombreux ports et canaux de Copenhague. En plus d'avoir vu (et revu) les nombreuses maisons colorées qui bordent les ports, nous sommes passés devant la bibliothèque municipale (photo) de Copenhague, surnommée le "diamant noir". À cause de sa couleur, vous l'aurez deviné.
Après cet agréable tour de bateau, il était de temps pour nous de partir vers l'aéroport, lieu souvent insipide, mais qui cette fois s'est avéré plutôt plaisant! C'est que l'aéroport de Copenhague est silencieux, c'est-à-dire qu'on n'y entend aucun appel ou autre message aux haut-parleurs. Bon, il faut être attentif à notre heure de départ, mais le jeu en vaut la chandelle.
Avec du recul, c'est sans une hésitation qu'on repartirait en Scandinavie et qu'on la conseillerait à nos amis. Oui, le coût de la vie y est plus cher qu'en Italie, par exemple, mais il y des façons de réduire nos dépenses. S'il vous prend la folle envie d'y aller un de ces jours, faites-moi signe! J'aurai de sympathiques adresses pour vous...
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Connaissez-vous cette petite fille? Moi, j'entendais bien repartir de Suède avec un souvenir d'elle...
Elle que j'ai tant aimée dans ma jeunesse...
Si vous êtes comme moi, vous pensez peut-être que la Suède est extrêmement exotique, plutôt loin et très différente des autres cultures. Vous avez raison. Mais aussi tort. C'est vrai qu'elle est un peu plus loin que l'Europe "plus visitée", comme l'Angleterre, la France ou l'Espagne. C'est vrai qu'elle est un peu exotique, car on n'entend pas souvent parler suédois ou norvégien. Et c'est vrai que son histoire viking et son architecture pour le moins déconcertante et colorée sont moins connues. Toutefois, sans peut-être le savoir, vous connaissez la Suède...
- Ikea et H & M sont des chaînes suédoises;
- Henning Mankell, August Strindberg, Selma Lagerlöf (Nils Holgersson, entre autres), Astrid Lindgren (Fifi Brin D'acier, entre autres) sont des auteurs suédois;
- Alfred Nobel et Anders Celsius sont des personnalités suédoises;
- Ingmar et Ingrind Bergman, Greta Garbo, Lasse Hallström sont des cinéastes/acteurs suédois;
- Abba, Roxette, Ace of Base, The Cardigans sont des groupes suédois;
- Matts Näslund, Peter Forsberg; Björn Borg, Stefan Edberg sont des athlètes suédois;
- Vous avez tous déjà mangé des craquelins de type Ryvita;
- Finalement, le Métro gratuit que vous lisez le matin en allant travailler (si vous vivez à Montréal) vient de la Suède.
Finalement, elle ne semble plus si loin, n'est-ce pas ?
30 avril 2007
Au revoir, Suède. Bonjour, Danemark
Notre séjour en Suède tirait à sa fin. Il nous restait quelques kilomètres de route suédoise à parcourir avant de prendre le train en direction de Copenhague. Mais avant d'en arriver là, nous avons fait un dernier arrêt suédois à Lund, très jolie ville du sud qui était, en fait, une ville danoise jusqu'en 1658. Le but principal de l'arrêt était de visiter la cathédrale de Lund, magnifique édifice datant du XIe siècle.
En grès, les pierres de la cathédrale qui étaient à l'origine entièrement blanches sont devenues noires à cause des années et de la pollution. À l'intérieur du bâtiment, on y retrouve une horloge astronomique du XVe siècle qui fonctionne toujours. Dans la crypte, les piliers de Finn illustrent la légende Finn le Géant qui aida saint Lars à construire la cathédrale. Incapable de terminer l'ouvrage seul, Lars a demandé l'aide du géant qui, lui, a demandé au saint le sacrifice de ses yeux si ce dernier ne parvenait pas à découvrir son nom avant la fin des travaux. Juste avant que le géant ne pose la dernière pierre, saint Lars entendit la femme du géant prononcer son nom. Lars retourna voir Finn pour lui dire, et fou de rage, ce dernier s'empara d'un des piliers pour ébranler l'église. Aujourd'hui, la légende Finn est sculptée dans ces piliers. Mais comme c'était Pâques, des cérémonies religieuses avaient cours dans la cathédrale, et les visites étaient interdites.
En plus d'être renommée pour sa cathédrale, Lund est bien connue pour son université (la deuxième en importance en Suède) et ses nombreux architectes qui y vécurent et travaillèrent. Pour les fervents lecteurs, sachez que l'auteur suédois August
Strindberg y a habité un temps. C'est là qu'il vécut son "illumination religieuse" (c'était un athée convaincu) et c'est là qu'il écrivit son roman Inferno à propos de cette période trouble qui avait commencé à Paris.
[maison d'August Strindberg à Lund]
Après avoir déambulé quelque temps dans cette jolie ville très tranquille, nous sommes repartis vers l'aéroport de Malmö où nous laissions la voiture et prenions le train pour Copenhague. Après un peu d'attente, nous embarquions à bord et 30 minutes plus tard, un pont à deux étages et 20 km plus loin, nous étions au Danemark, pays de H.C. Andersen, père de La petite fille aux allumettes, du Vilain petit canard et, bien sûr, de La petite sirène.
[vue de Copenhague du haut de la Rundetaarn]
Encore une fois, notre auberge était magnifique. La Villa Tarnborg, un peu en dehors du centre (environ 20 minutes de marche), était vide et nous avions un étage au complet à nous! Ah! La joie de voyager en basse saison... Après avoir déposé nos bagages, nous sommes partis explorer la ville, et comme des enfants, on ne pouvait que s'émerveiller de ce qu'on voyait: "Ah! Regarde là! As-tu vu l'édifice? Il y a un ours qui sort du toit!". "Regarde celui-là. C'est une station-météo." "Oh! C'est beau toutes ces couleurs!" "Hein? H.C. Andersen habitait ici!" Pendant quelques heures, c'est à peu près le genre de conversation qu'on a tenue. Pas besoin de dire que la capitale danoise nous a bien impressionnés.
Tellement, en fait, qu'on est partis à l'aventure et avons arpenté la ville de long en large: la Stroget, quadrilatère de rues piétonnes; le Nyhavn, superbe port aux maisons colorées; le quartier de la résidence royale; les environs de la statue de la petite sirène; le Kastellet, ancienne citadelle, et ainsi de suite. Une très longue randonnée qui nous a ouvert l'appétit. Et ça adonnait bien, car ce soir-là était soir de fête. Grâce à un gentil lutin matanais qui nous offrait un souper gastronomique, nous pouvions souper dans un restaurant "un peu au-dessus de nos moyens". Pendant au moins deux heures, et ce, après notre randonnée, nous avons cherché et cherché un restaurant. Et nous étions équipés d'au moins trois guides de voyage! Mais rien! Était-ce à cause de Pâques? Était-ce à cause du lundi? Était-ce à cause de la période de l'année ou de l'heure avancée? Je ne sais pas, mais rien n'était ouvert. Nous nous sommes donc tournés vers le Nyhavn, coin très touristique que nous voulions éviter, car nous savions que des restaurants y étaient ouverts. Nous avons opté pour le Cap Horn et ce fut un merveilleux choix où nous avons mangé comme des rois! Bien décidée à essayer les spécialités du coin, c'est-à-dire les fruits de mer et le poisson, j'ai opté, comme entrée, pour un soufflé au flétan auquel étaient greffées deux délicieuses langoustines, le tout nappé de bisque de homard. comme plat principal, j'ai choisi une assiette où se côtoyaient un morceau de saumon grillé et un morceau de thon grillé, le tout accompagné d'asperges fraîches et de piments rôtis. Un pur délice! Un coma gastronomique! Après toute cette nourriture, encore heureux de devoir marcher 30 minutes pour rentrer... Merci Papounet!
19 avril 2007
La campagne suédoise : Deuxième partie
Notre séjour scandinave n'a pas été très, très long, mais nous avons quand même eu la chance de visiter la campagne suédoise une deuxième journée. Le premier jour nous avait menés un peu plus à l'intérieur des terres, mais le deuxième allait nous faire voir la côte. Cette fois-ci, même si notre horaire était toujours ouvert aux découvertes et au hasard, nous avions quand même quelques arrêts planifiés.
Comme pour nous motiver, la température qui était pluvieuse depuis la veille s'est soudainement éclaircie au moment où nous avons pris le volant. C'était bon signe! Nous avons donc suivi la route panoramique, nous arrêtant bien entendu pour prendre des photos de maisons rouges et d'églises blanches, pour nous rendre à notre premier marqueur, Hovs Hallar. 
Aujourd'hui, Hovs Hallar est une réserve naturelle, mais on dit (les livres disent) que cet endroit était habité, ou du moins visité, à l'âge de bronze, donc aussi loin que 2 500 ans avant Jésus-Christ. Pas jeunes, jeunes, ces pierres... On y a passé environ 45 minutes, question de se délier les jambes et de parcourir quelques sentier qui nous permettent d'explorer le coin, de marcher dans les herbes folles, d'escaler des collines de pierres, de traverser des trous situés dans ces mêmes pierres, et de marcher au bord de l'eau. C'était un superbe endroit pour prendre une pause de la route. Mais comme l'heure avançait, et que nos estomacs commençaient à gronder, il fallait repartir vers notre deuxième marqueur, car nous savions qu'un petit café sympa nous y attendait... Donc, quelque temps plus tard, nous sommes arrivés au phare de Kullen, phare toujours opérationnel situé à 79 mètres au-dessus du niveau de l'eau. Sa situation en fait le plus haut phare de la Suède. Assis au petit café tout près du phare, dégustant notre gâteau suédois le regard perdu vers la mer, on se serait presque crus en Gaspésie si ça n'avait pas été de l'accent des gens qui nous entouraient.
Comme le temps se couvrait et qu'une pluie fine commençait à tomber, nous avons décidé de nous diriger vers notre deuxième auberge de jeunesse, située à Skäralid. Une fois là-bas, nous avons fait face à quelques petits obstacles: il pleuvait maintenant à verse, il n'y avait personne à la réception, et nous étions incapables de rejoindre quiconque par téléphone. Presque une heure plus tard, un peu amers, nous avons réussi à parler aux propriétaires et notre déception a vite fait place à l'allégresse, car on nous a appris que nous étions seuls dans cette magnifique maison jaune située à l'entrée du parc national Söderasen. Comme il pleuvait, nous ne l'avons pas arpenté, mais nous en avons tout de même apprécié le décor.
Et maintenant que l'heure du souper approchait, il nous fallait un plan. Jusqu'à maintenant, même si nous avions eu d'excellents repas, trouver des restaurants avait été un problème. Eh bien, cette fois-ci ne fut pas différente. Après avoir tourné en rond pendant une heure dans un mini-village où s'y cachait un excellent restaurant de cuisine suédoise typique, c'est-à-dire avec de l'oie, nous l'avons trouvé pour apprendre qu'il fermait à 18h (il était maintenant 19h). Donc, nous avons repris la route pour nous rendre à Klippan, une ville un peu plus grosse située à environ 10 km. Encore une fois, nous avons cherché et cherché un petit resto sympathique suédois, mais pas de chance. Nous avons donc opté pour une pizzeria où les proprios/chefs n'avaient pas l'air bien sympathiques, mais où la pizza s'est avérée très bonne (pour moi du moins). Comme notre suédois laisse "un peu" à désirer, j'ai commandé une pizza que je pensais être au jambon mais qui finalement était aux crevettes! Pas grave, j'aime tout, surtout quand j'ai faim. Mon GG a eu moins de chance. La pizza au salami et à l'ingrédient non identifié (qu'il croyait probablement être des poivrons) s'est avérée être une pizza au salami et aux oignons, un légume qu'il déteste. Je lui ai bien offert d'échanger d'assiette, mais fier (?), il a refusé. Tant pis. Moi, j'ai dévoré la mienne. Mais n'allez pas croire que je suis méchante et que le pauvre enfant s'est couché le ventre vide! L'homme des cavernes en lui a refait surface en revenant à l'auberge, et je l'ai retrouvé au lit avec un cidre à la main et une barre de chocolat et un sac de chips dans l'autre. Donc, séchez vos larmes...




















